Les forces de l'ordre britanniques ont perquisitionné mercredi un immeuble du centre de Manchester, dans le cadre de leur enquête .

Manchester: la police enquête sur un «réseau»

Les forces de l'ordre britanniques ont perquisitionné mercredi un immeuble du centre de Manchester, dans le cadre de leur enquête sur le «réseau» qui serait derrière l'attentat suicide qui a fait 22 morts lundi soir.
Des centaines de soldats ont été déployés pour renforcer la sécurité autour de plusieurs sites névralgiques du pays, dont le palais de Buckingham et le parlement.
La ministre de l'Intérieur, Amber Rudd, a dit que le kamikaze - Salman Abedi, un homme de 22 ans d'origine libyenne né au Royaume-Uni - n'a «probablement» pas agi seul quand il a frappé lors d'un concert d'Ariana Grande. Elle a ajouté qu'il était connu des forces de sécurité «jusqu'à un certain point».
«Je pense qu'il est très clair que nous enquêtons sur un réseau», a dit mercredi le chef de la police de Manchester, Ian Hopkins. Il a aussi confirmé qu'un policier qui n'était pas en devoir a été tué par l'explosion.
Les responsables examinent maintenant les voyages d'Abedi en Libye pour tenter de deviner ses allégeances et essayer de mettre en échec toute nouvelle menace potentielle.
Des responsables ont révélé mercredi qu'un millier de soldats ont été déployés à Londres et ailleurs.
Des policiers patrouillent les rues de Manchester, mercredi.
Le Royaume-Uni a rehaussé le niveau de menace terroriste à «critique» après une rencontre d'urgence du gouvernement tard mardi, puisqu'on craint qu'Abedi n'ait eu des complices qui s'apprêteraient à passer aux actes. Abedi a grandi dans la banlieue sud de Manchester et a déjà fréquenté l'université locale de Salford.
La police a annoncé l'arrestation mercredi de trois hommes dans la région de Manchester. Le père d'Abedi a confié à l'Associated Press qu'Ismail, le frère du kamikaze, a été arrêté mardi dans le même secteur.
Des policiers lourdement armés ont visité mercredi après-midi un immeuble d'habitation de Manchester, utilisant une explosion contrôlée pour enfoncer la porte. Cet immeuble est populaire auprès des étudiants et des jeunes professionnels.
La cérémonie du changement de la garde a été annulée mercredi au palais de Buckingham. Le palais de Westminster, où loge le parlement, était uniquement accessible aux employés autorisés; les visites touristiques et autres événements y ont été annulés jusqu'à nouvel ordre. Des policiers armés ont été aperçus patrouillant à l'extérieur de la cathédrale St. Paul, un autre des principaux attraits touristiques de la capitale.
S'exprimant depuis la ville libyenne de Tripoli, Ramadan Abedi a dit à l'Associated Press que son fils lui a paru normal quand il lui a parlé il y a quelques jours. Selon lui, Salman s'apprêtait à effectuer un court pèlerinage en Arabie saoudite avant de rejoindre sa famille en Libye pour le mois sacré du ramadan.
«Nous ne tuons pas d'innocents. Ce n'est pas qui nous sommes», a-t-il dit.
Un ancien membre des forces de sécurité libyennes a toutefois confié à l'Associated Press que Ramadan Abedi est membre d'une secte salafiste extrémiste qui a donné naissance à Al-Qaïda et à Daech (le groupe armé État islamique).
La première ministre Theresa May a présidé mercredi une rencontre de son cabinet d'urgence pour discuter des renseignements disponibles au sujet d'Abedi et de la possibilité qu'il ait reçu une aide extérieure.
Le ministre français de l'Intérieur a dit qu'Abedi s'est rendu en Syrie et qu'il avait des liens «prouvés» avec Daech (le groupe armé État islamique). Gérard Collomb a déclaré sur les ondes du réseau de télévision BFM, mercredi, que les renseignements français et britanniques disposent d'informations concernant les visites d'Abedi en Syrie. Il a ajouté qu'on ne sait pas si Abedi appartenait à une cellule terroriste plus importante.
Soixante-quatre personnes demeurent hospitalisées depuis l'attaque, dont 20 qui se trouvent dans un état critique.