Catalogué par ses adversaires comme étant le «candidat des élites», Emmanuel Macron, l'ancien ministre de l'Économie sous François Hollande, a tenté de casser cette image avec des propositions visant «les classes moyennes oubliées». Mardi, il est allé rencontrer des citoyens dans un bar aux Mureaux, où se trouvent plusieurs quartiers défavorisés.

Macron veut éviter l'exode vers le Front national

Le candidat centriste à la présidentielle française Emmanuel Macron, dépeint par ses adversaires comme le candidat des élites, veut «refonder le contrat avec les classes moyennes», «oubliées» par la droite et la gauche et tentées par l'extrême droite, a-t-il déclaré mardi.
«Le coeur de ma volonté et de mon programme, c'est de refonder le contrat avec les classes moyennes», négligées par les gouvernements successifs, a affirmé l'ancien ministre de gauche, que les sondages prédisent pour l'instant qualifié au second tour du scrutin, le 7 mai, face à la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen. 
«La droite a parlé à la France qui réussit, la gauche a parlé à la France populaire, la plus en difficulté.  Elles ont oublié les classes moyennes qui sont la France qui travaille, la France qui se bat pour réussir, la France qui a construit notre histoire et est le socle même des projets et d'identité de notre population», a estimé l'ancien banquier d'affaires de 39 ans.
Avec son nouveau mouvement centriste En marche!, l'ex-ministre de l'Économie du président socialiste François Hollande entend être la réponse à cette «France périphérique» décrite par géographes et sociologues, dont la peur du déclassement contribue à la percée du Front national de Marine Le Pen dans les urnes. Selon un sondage publié mardi, un tiers des Français se disent en accord avec les idées défendues par le Front, un niveau en légère progression sur un an.
En supprimant la taxe d'habitation pour 80 % des personnes concernées, le candidat pense pouvoir freiner l'exode des ouvriers et des employés vers l'extrême droite.
Les banlieues priorisées
M. Macron, qui s'est rendu mardi après-midi aux Mureaux, une ville de banlieue parisienne qui abrite plusieurs cités défavorisées, défend par ailleurs une «politique assumée de discrimination positive» pour les habitants des quartiers sensibles. Parmi ses propositions ciblant les banlieues, une prime de 15 000 euros pour les entreprises qui embauchent en contrats à durée indéterminée un habitant des quartiers populaires, nombre d'élèves limité à 12 dans les petites classes de primaire dans les zones d'éducation prioritaire, doublement à 10 milliards du budget de l'Agence chargée de la rénovation urbaine.
Malgré les milliards investis par l'État dans les banlieues, les disparités entre les quartiers en difficulté et le reste du territoire sont loin d'être comblées. «Ce que veulent les banlieues, nos concitoyens, qu'ils soient de la France rurale, des villes moyennes, c'est accéder à leur part de réussite du pays. Or on ne leur a plus donné cette chance. Je veux [la] leur redonner», a-t-il affirmé.