François Pinault, qui figure parmi les plus grandes fortunes de France, a affirmé dans un entretien au magazine M du Monde publié vendredi que M. Macron, régulièrement taxé d’être «le président des riches» par ses détracteurs, «ne comprend pas les petites gens».

Macron accusé par un milliardaire de ne «pas comprendre les petites gens»

PARIS - Le milliardaire français François Pinault s’est attiré samedi les foudres de la garde rapprochée du président Emmanuel Macron qu’il avait accusé de ne «pas comprendre les petites gens».

«De la part de quelqu’un qui pendant longtemps n’a pas payé d’impôts, je ne suis pas certain qu’il comprenne lui-même les petites gens», a ironisé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, invité sur Europe 1 à commenter les propos du fondateur du groupe de luxe Kering (Yves Saint-Laurent, Gucci...).

François Pinault, qui figure parmi les plus grandes fortunes de France, a affirmé dans un entretien au magazine M du Monde publié vendredi que M. Macron, régulièrement taxé d’être «le président des riches» par ses détracteurs, «ne comprend pas les petites gens».

«J’ai peur qu’il mène la France vers un système qui oublie les plus modestes», a ajouté l’homme d’affaires réputé très proche de l’ancien président Jacques Chirac et qui avait voté pour le socialiste François Hollande à la présidentielle en 2012.

Dès la mise en ligne de l’entretien vendredi soir, le chef de file des députés de la majorité LREM, Richard Ferrand, avait riposté sur Twitter en évoquant «le surréalisme involontaire» et les «ressorts comiques» voulant que «seuls les milliardaires peuvent comprendre les autres».

Le porte-parole du gouvernement en a rajouté samedi en épinglant les techniques du milliardaire pour échapper à l’impôt sur la fortune, révélées en 1999 par l’hebdomadaire le Canard enchaîné.

En 2002, le milliardaire avait versé 450 millions d’euros au fisc pour apurer un certain nombre de montages financiers litigieux, dans le cadre de la donation partage de son groupe à ses enfants.

Benjamin Griveaux a fustigé au passage les récentes polémiques sur les frais de l’Élysée (nouveau service de vaisselle, projet de construction d’une piscine à la résidence d’été du Fort de Brégançon...) avivées par la formule présidentielle sur le «pognon de dingue» que coûteraient les aides sociales en France.

«C’est une mauvaise polémique. Si on veut continuer à faire monter le populisme et le nationalisme, on continue, on fait ça», a dénoncé le porte-parole, regrettant que le mouvement de gauche radicale «La France insoumise concentre ses questions sur ça» au Parlement.

M. Griveaux a cette semaine à l’Assemblée un échange acide sur le sujet avec le député de la France insoumise, François Ruffin, qui a interpellé le «ministre de la faïencerie» et dénoncé Emmanuel Macron comme favorisant «les riches» et trouvant que «les pauvres coûtent trop cher».