Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN

L'OTAN joindra la luttre contre l'EI sans participer aux combats

L'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord rejoindra les rangs de la coalition internationale qui lutte contre Daech (le groupe armé État islamique), mais elle ne participera pas directement aux combats contre les djihadistes, a fait savoir jeudi le secrétaire général Jens Stoltenberg.
Cette annonce est survenue au moment où le nouveau président américain Donald Trump participait pour la première fois à un sommet des leaders de l'OTAN.
M. Stoltenberg a déclaré que la participation de l'Alliance à la coalition anti-Daech menée par les États-Unis «enverra un message politique fort de la détermination de l'OTAN à combattre le terrorisme, en plus d'améliorer notre coordination au sein de la coalition».
Il a ensuite précisé que «cela ne veut pas dire que l'OTAN participera aux opérations de combat».
Les 28 membres de l'OTAN, dont le Canada, sont des participants individuels à la coalition assemblée contre Daech, et qui rassemble 68 pays. Certains, comme la France et l'Allemagne, craignent toutefois qu'une participation officielle de l'OTAN à cette coalition ne vienne compliquer la prise de décisions ou froisser les pays du Moyen-Orient qui en sont membres.
L'OTAN créera une unité du renseignement contre-terroriste pour améliorer le partage d'informations, en partie après que M. Trump eut demandé plus d'efforts dans la lutte au terrorisme. Cette unité se concentrera entre autres sur les combattants étrangers qui quittent l'Europe pour aller s'entraîner ou combattre en Irak et en Syrie.
Échanger de l'information
À ce sujet, le premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré jeudi qu'il est important pour l'OTAN et ses partenaires de partager l'information. Il a dit aux journalistes que le passé démontre que «la collaboration et la coopération entre alliés, amis et partenaires a sauvé des vies et assuré la sécurité de tous nos citoyens».
La police de Manchester aurait décidé de ne plus partager de renseignements avec les États-Unis, après la publication par le New York Times de photos provenant de l'enquête sur l'attentat de lundi. On reproche aussi au président Trump d'avoir partagé avec la Russie des renseignements délicats fournis par Israël.
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Se concentrer sur le terrorisme
Quant au président américain Donald Trump, il a appelé jeudi l'OTAN à se concentrer sur le terrorisme et «les menaces de la Russie», et a renouvelé son appel au respect des engagements financiers de tous les États membres.
S'il a souligné que l'Alliance était un outil de «paix et de sécurité» dans le monde, M. Trump n'a pas, contrairement à ce qui était espéré, exprimé explicitement son attachement à «l'article 5», véritable socle de l'OTAN qui prévoit que les Alliés volent au secours d'un des leurs en cas d'agression extérieure.
«L'OTAN du futur doit se concentrer sur le terrorisme et l'immigration, ainsi que sur les menaces de la Russie sur les frontières est et sud de l'OTAN», a-t-il déclaré lors d'un discours, pour sa première participation à un sommet de l'OTAN.
Sur l'immigration en particulier, il a déclaré que «des milliers et des milliers de personnes se répandent dans nos différents pays et se dispersent, et dans de nombreux cas, nous ne savons pas qui ils sont».
«Nous devons être durs, nous devons être forts et nous devons être vigilants», a-t-il insisté.
Engagements financiers
«C'est pour ces mêmes raisons que j'ai été très, très direct avec le secrétaire [général de l'OTAN Jens] Stoltenberg et les membres de l'Alliance, quand je leur ai dit [qu'ils] devaient enfin payer leur part et respecter leurs obligations financières», a-t-il poursuivi, regrettant que «23 des 28 nations membres ne payent toujours pas ce qu'elles devraient payer».
«C'est injuste envers les contribuables américains», a-t-il accusé. M. Trump souhaite que les Alliés, qui doivent selon lui «d'énormes sommes d'argent», atteignent l'objectif, fixé en 2014, d'un budget défense équivalant à 2 % du produit intérieur brut d'ici 2024.
«2 % est le strict minimum pour faire face aux menaces très réelles et très vicieuses d'aujourd'hui», a insisté le président américain, soulignant qu'«au cours des huit dernières années», les États-Unis avaient «dépensé plus pour leur défense que tous les autres pays de l'OTAN réunis».  AFP