Des images diffusées dimanche, lors du dernier tir de missile nord-coréen.

L'ONU condamne le dernier tir de missile nord-coréen

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une résolution jeudi condamnant fermement le dernier tir de missile nord-coréen et menaçant le régime communiste de nouvelles sanctions, au terme d'un compromis avec la Russie.
Les 15 pays membres du Conseil condamnent à l'unanimité le «comportement hautement déstabilisateur» de Pyongyang, et l'exhortent à «ne pas mener d'autres essais nucléaires».
«Les activités illégales de missiles» nucléaire et balistique de la Corée du Nord «font considérablement monter la tension dans la région et au-delà», estime l'organe exécutif de l'ONU.
Le Conseil menace aussi de prendre «davantage de mesures importantes, y compris des sanctions», pour obtenir que la Corée du Nord abandonne ses programmes d'armement, interdits par l'ONU.
Signe d'une sévérité accrue, la résolution mentionne explicitement des «sanctions», alors que les textes précédents évoquaient seulement «des mesures supplémentaires» contre la Corée du Nord.
«Si nous devons commencer à envisager des sanctions ou d'autres actions, nous le ferons», a déclaré à la presse Nikki Haley, ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU, à l'issue du vote.
Les membres du Conseil ont validé le texte après que la Russie eut obtenu d'y souligner le besoin de trouver une solution «par le dialogue».
Après le tir - raté - d'un missile nord-coréen dimanche, la Russie avait bloqué un premier projet de résolution, qui avait pourtant reçu l'aval de Pékin, grand allié de Pyongyang.
Le représentant de la Russie à l'ONU, Petr Iliichev, a nié jeudi tout blocage et accusé les États-Unis d'avoir rompu les discussions de «manière abrupte».
«Personne au sein du Conseil ne veut voir la Corée du Nord poursuivre de quelconques essais ou tirs», a relevé Mme Haley, soulignant que la résolution était «très claire» à ce sujet.
«Au bout du compte, nous avons réalisé que la Corée du Nord était un problème», a-t-elle souligné.
Pression sur la Chine
Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir le 28 avril au sujet de la Corée du Nord, sous la présidence tournante des États-Unis, qui seront représentés à cette occasion par leur chef de la diplomatie Rex Tillerson.
Aucune résolution n'est prévue lors de cette réunion, mais les États-Unis et leurs alliés devraient en profiter pour faire pression sur la Chine afin qu'elle fasse plier son voisin.
Le Conseil de sécurité a déjà imposé six séries de sanctions à la Corée du Nord, dont deux l'an dernier visant à réduire les revenus du régime communiste.
Pyongyang cherche à se doter de missiles intercontinentaux (de longue portée) capables de porter le feu nucléaire sur le continent américain. Le régime communiste a déjà mené cinq essais nucléaires, dont deux l'an dernier.
En visite dans la région, le vice-président américain Mike Pence a promis mercredi une réponse «écrasante» en cas d'attaque par la Corée du Nord.