Au moins 85 personnes ont péri dans ce feu, qui a brûlé quelque 620 km2.

L’incendie de Californie maîtrisé à «100%»

LOS ANGELES — Après plus de deux semaines de lutte, les pompiers américains ont réussi à maîtriser «à 100%» le «Camp fire», l'incendie le plus meurtrier de l'histoire de la Californie qui a tué au moins 85 personnes, selon un bilan officiel revu à la baisse.

Un précédent bilan faisait état d'au moins 87 morts et les autorités locales ont admis avoir fourni une information erronée.

En revanche, le nombre de personnes portées disparues est désormais de 296, contre 249, selon un précédent bilan. Parmi ces personnes, beaucoup pourraient ne pas avoir conscience d'être recherchées, indique-t-on.

Les pompiers ont annoncé dimanche être venus à bout de ce feu qui a brûlé quelque 620 km2 dans le nord du «Golden State», rasant notamment la petite ville de Paradise.

Les pluies des derniers jours sur cette région de la côte Ouest des États-Unis ont aidé à éteindre le feu mais ont également rendu difficile la recherche de restes humains par les secours.

L'incendie, qui s'était déclenché le 8 novembre, a détruit près de 14 000 habitations, 530 commerces et 4500 autres bâtiments, ont précisé les pompiers californiens (Cal Fire).

Des milliers de pompiers ont été mobilisés et des dizaines de milliers de personnes ont été forcées d'évacuer.

Trois personnes ont par ailleurs trouvé la mort dans un autre incendie d'ampleur plus au sud, touchant la célèbre station balnéaire de Malibu. Ce feu, le «Woolsey fire», qui a dévasté plus de 390 km2, est lui aussi entièrement maîtrisé.

L'origine des deux incendies n'a pas encore été identifiée mais plusieurs victimes ont lancé une action en justice à San Francisco contre le fournisseur local d'électricité Pacific Gas & Electricity (PG&E). Selon la plainte, l'incendie aurait été causé par des «étincelles» sur une ligne à haute tension de la société.

Sécheresse chronique

Le président des États-Unis Donald Trump, qui s'était rendu sur place il y a une semaine, avait exprimé sa «tristesse» et constaté l'ampleur des dégâts aux côtés de la maire de Paradise, Jody Jones.

Sa première réaction, pointant la mauvaise gestion selon lui des forêts par l'État de Californie, avait été critiquée. M. Trump a aussi menacé de couper les fonds fédéraux alloués à la lutte contre les incendies.

Les épaisses fumées provoquées par l'incendie ont été ressenties jusqu'à San Francisco, à plus de 240 kilomètres de la ville de Paradise. La ville avait été contrainte de lancer une alerte à la pollution de l'air, des écoles devant même être temporairement fermées.

La Californie, victime de sécheresse chronique depuis plusieurs années, a connu plusieurs incendies majeurs depuis un an.

En septembre, le «Mendocino Complex» avait été maîtrisé après près de deux mois de lutte. Il avait ravagé près de 190 000 hectares, devenant le plus grand feu de forêt dans l'histoire récente de cet État.

Le gouverneur de Californie, le démocrate Jerry Brown, a averti qu'il s'attendait à un nombre de plus en plus important d'incendies de ce type, du fait du réchauffement climatique.

Mais Donald Trump a lui minimisé le rôle du changement climatique. Le président républicain a par le passé qualifié de «canular» le changement climatique et mis ouvertement en doute, au mépris du consensus scientifique, ses causes humaines.

En Californie, il a assuré que sa visite sur les lieux dévastés par le feu n'avait pas fait évoluer sa position.