Hissène Habré photographié en août 1983.

L'ex-dictateur tchadien fait appel de sa condamnation pour génocide

Les avocats de l'ancien dictateur tchadien Hissène Habré ont porté en appel le verdict rendu par un tribunal spécial l'ayant déclaré coupable et condamné à la prison à vie pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre, torture et crimes sexuels commis durant sa présidence, a annoncé l'un de ses représentants, samedi.
L'appel a été soumis vendredi aux Chambres africaines extraordinaires, une cour créée par le Sénégal et l'Union africaine afin de traduire Habré en justice.
Il s'agit du premier procès dans le cadre duquel le tribunal d'un pays juge un ancien leader d'un autre État pour des crimes contre l'humanité.
L'un des avocats attribués à Hissène Habré par la cour, Mounir Ballal, a déclaré que ses deux collègues et lui-même étaient convaincus de l'innocence de l'ex-président du Tchad et estimaient la sentence annoncée le 30 mai trop sévère.
Une cour d'appel sera établie par les Chambres, probablement au mois d'août, a révélé Marcel Mendy, leur porte-parole. Il a précisé que la cour serait composée d'un président ne provenant ni du Tchad ni du Sénégal, et de trois assesseurs sénégalais, dont un suppléant, tous nommés par l'Union africaine.
40 000 morts
Les décisions concernant les indemnités pour les quelque 4000 parties intéressées ayant déposé une poursuite contre Hissène Habré devraient être rendues le 31 juillet, a ajouté M. Mendy.
Les victimes et leurs proches se battent pour obtenir justice depuis plus de 15 ans contre celui qui a régné de 1982 à 1990 sur le Tchad.
En 1992, une commission tchadienne avait accusé le gouvernement Habré d'avoir eu systématiquement recours à la torture, affirmant que 40 000 personnes avaient été tuées durant sa dictature.