Un policier dépose des fleurs du côté nord du pont de Londres, dimanche, à la suite des attentats meurtriers de samedi soir.

L'État islamique revendique l'attentat de Londres

L'attentat de Londres de samedi soir a été commis par «un détachement de l'Etat islamique», a rapporté l'agence de propagande de l'EI, Amaq, dans un communiqué publié lundi à Beyrouth.
Le dernier bilan de ces attaques est de sept morts, selon les autorités britanniques.
Dimanche, à Londres, douze personnes ont été arrêtées au lendemain de l'attentat.
Véhicule lancé contre la foule et assaillants qui poignardent au hasard les passants, ce nouvel attentat, le troisième en moins de trois mois au Royaume-Uni, a fait aussi des dizaines de blessés samedi soir, dont 21 se trouvaient dans un état «critique».
Des perquisitions ont été effectuées à Barking, une banlieue multi-ethnique de l'est de la capitale britannique, où la police a arrêté 12 personnes. Un photographe de l'AFP a pu voir sur place les forces de l'ordre emmenant dans un fourgon quatre femmes.
D'après Sky News, la police, lourdement armée, a perquisitionné au domicile d'un des trois auteurs de l'attaque. Cet assaillant était avec deux complices dans la camionnette qui a foncé sur le London Bridge samedi soir. Les trois hommes ont été peu après abattus par la police tandis qu'ils lacéraient de coups de couteau les passants et les fêtards du quartier.
Avant que l'attentat soit revendiqué par l'EI, la Première ministre Theresa May l'avait lié à «l'idéologie malfaisante de l'extrémisme islamiste» dans une courte déclaration devant le 10, Downing Street.
Elle a annoncé le maintien des élections législatives prévues pour jeudi, qui doivent renouveler la chambre des Communes au moment où le Royaume-Uni s'apprête à négocier le Brexit, et la reprise de la campagne lundi, après une journée de suspension.
«C'est pour Allah !»
Le drame a éclaté vers 22h heure locale quand venait de s'achever la finale de la Ligue des champions de football, qu'un public nombreux était allé regarder dans les pubs de Borough Market, un quartier branché de la rive sud de la Tamise.
Les assaillants ont tout d'abord foncé dans la foule sur le London Bridge à bord d'une camionnette blanche.
«Ils ont renversé des tas de gens», a témoigné à la radio Chris, un chauffeur de taxi. «Ensuite, trois hommes en sont sortis armés de lames assez longues» et «ont poignardé des gens au hasard» dans le quartier voisin de Borough Market.
Ils portaient de faux gilets explosifs pour accentuer la panique.
Malgré l'intervention rapide de la police, qui a abattu les trois hommes huit minutes après avoir été alertée, le bilan est lourd : sept morts et une cinquantaine de blessés. Quelque 36 personnes restaient hospitalisées dimanche, dont 21 dans un état «critique», d'après le service de santé NHS.
Les tirs nourris de la police, plus de cinquante, ont aussi blessé un passant, a précisé Scotland Yard.
Parmi les personnes tuées figurent un Canadien et un Français. Un autre Français est porté «disparu», a dit le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian. Selon son entourage, le ministre se rendra lundi après-midi à Londres pour y rencontrer les familles des victimes, des blessés et son homologue Boris Johnson.
Sept Français ont été blessés, dont quatre grièvement, ainsi que deux Allemands, un Australien et un Espagnol.
Stations de métro et rue fermées, fêtards enfermés dans les bars et les restaurants, voitures de police passant toutes sirènes hurlantes : les quartiers visés sont passés de la fête au cauchemar en quelques minutes.
Gerard Vowls, un quadragénaire venu à Borough Market pour regarder le match, témoigne avoir vu une femme poignardée à une douzaine de reprises par les trois hommes.
«Elle criait : "Aidez-moi !'Aidez-moi !", mais je ne pouvais rien faire», a-t-il raconté au quotidien The Guardian, expliquant avoir tenté de jeter des chaises et des bouteilles sur les agresseurs.
Plusieurs témoins ont déclaré avoir entendu les assaillants hurler : «C'est pour Allah !».
Critiques de Trump
Les condamnations se sont multipliées dimanche, le maire de Londres Sadiq Khan évoquant des «actes barbares».
Le président Donald Trump a offert «le soutien total» des États-Unis. Dans un tweet, il a néanmoins aussi accusé Sadiq Khan de ne pas prendre au sérieux la menace terroriste.
Le président français Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel ont fait part de leur solidarité tandis que le président russe Vladimir Poutine a appelé à «une intensification des efforts communs dans la lutte contre les forces de la terreur».
Londres avait été frappée par une autre attaque fin mars, déjà commise à l'aide d'un véhicule, une voiture, et d'un couteau. Puis, le 22 mai à Manchester, 22 personnes sont mortes dans un attentat suicide à la sortie d'un concert de l'Américaine Ariana Grande.
Ces deux attentats ont été revendiqués par l'organisation jihadiste Etat islamique, contre laquelle le Royaume-Uni a effectué ces dernières années des raids aériens en Irak et en Syrie.
Retournée à Manchester, Ariane Grande s'y est produit dimanche soir pour un concert géant en hommage aux victimes et réunissant notamment, devant 50 000 personnes et sous haute sécurité, Justin Bieber, Coldplay et Pharrell Williams.
«Manchester, faites résonner votre esprit de résistance dans le monde !», s'est exclamé ce dernier.