Des passagers du métro de New York portent des masques. L’État de New York, et la seule ville de New York, ont enregistré plus de décès liés au coronavirus que la plupart des pays du monde, à l’exception de l’Italie, de l’Espagne, de la France, du Royaume-Uni et évidemment des États-Unis.
Des passagers du métro de New York portent des masques. L’État de New York, et la seule ville de New York, ont enregistré plus de décès liés au coronavirus que la plupart des pays du monde, à l’exception de l’Italie, de l’Espagne, de la France, du Royaume-Uni et évidemment des États-Unis.

L'État de New York dépasse les 10 000 morts, mais «le pire est passé»

Agence France-Presse
NEW YORK — L’État de New York a franchi lundi le cap des 10 000 morts de la COVID-19, a indiqué le gouverneur Andrew Cuomo, qui a néanmoins estimé que «le pire» de la crise était «passé».

«Le pire est passé, si nous continuons à être intelligents» et à suivre les mesures de confinement, a-t-il néanmoins nuancé. «Si nous faisons quelque chose de stupide, vous verrez ces chiffres remonter dès demain.»

De loin la région la plus touchée des États-Unis, l’État de New York a enregistré 10 056 décès des suites du coronavirus depuis le début de la pandémie.

L’État de New York, et la seule ville de New York, ont enregistré plus de décès liés au coronavirus que la plupart des pays du monde, à l’exception de l’Italie, de l’Espagne, de la France, du Royaume-Uni et évidemment des États-Unis.

Pour autant, le nombre d’hospitalisations net (différence entre admissions et sorties) est en clair ralentissement.

Il était de 118 sur les dernières 24 heures contre plus de 1000 le 3 avril et les jours précédents.

S’il est encore considérable, avec 671 décès, le bilan des dernières 24 heures est le moins élevé depuis une semaine (5 avril).

«Nous sommes en train de contrôler la propagation» du virus, a estimé le gouverneur.


« Le pire est passé, si nous continuons à être intelligents. […] Si nous faisons quelque chose de stupide, vous verrez ces chiffres remonter dès demain »
Andrew Cuomo, gouverneur de l'État de New York

Plus de 1500 morts en 24 heures au pays

Les États-Unis ont recensé lundi 1509 décès dus au coronavirus en 24 heures, soit quasiment le même chiffre que la veille, selon le comptage de l’Université Johns Hopkins qui fait référence.

Ce bilan journalier porte à 23 529 le nombre total de décès recensés depuis le début de la pandémie aux États-Unis, pays le plus endeuillé au monde par la COVID-19.

Le pays compte désormais plus de 550 000 personnes infectées par le virus, selon les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

Le président Donald Trump, lors de son point de presse quotidien sur le coronavirus, a indiqué que les États-Unis avaient procédé à près de 3 millions de tests de dépistage. «Trois millions, plus que toute autre nation», a-t-il lancé.

Éventuelle levée du confinement graduelle

Le gouverneur de l’État de New York Andrew Cuomo s’est entretenu lundi avec les gouverneurs de plusieurs États de la région pour discuter d’une levée progressive du confinement.

À l’issue de cet entretien avec ses homologues du New Jersey, du Connecticut, du Rhode Island, de Pennsylvanie et du Delaware, il a annoncé la formation d’un groupe de coordination qui inclura trois représentants de chacun de ces États du Nord-Est américain.

«Nous pouvons maintenant prendre le chemin du retour à la normale», a déclaré Andrew Cuomo, «et avoir un plan qui prévoit le redémarrage de certaines activités, en maîtrisant un fragile équilibre.»

Interrogé quant à un calendrier, le gouverneur de l’État de New York a refusé de donner une date, mais il a indiqué que le début de la levée progressive du confinement était une question «de semaines».

Lundi, le président américain Donald Trump a affirmé que le redémarrage de tout ou partie des activités non essentielles relevait de sa décision et non de celles des gouverneurs.

Questionné sur ces déclarations, Andrew Cuomo a livré, en creux, une critique de la gestion de la crise par le gouvernement Trump et du manque de coordination au niveau national.

«Vous voulez changer le modèle de gestion? Vous pouvez le faire en tant que président, mais quel est le modèle?», a déclaré le démocrate, soulignant que Donald Trump avait jusqu’ici largement laissé les États libres de leurs décisions pour affronter la pandémie.

«Et apprenons du passé», a-t-il ajouté, «parce que, jusqu’ici, la navigation n’a pas été maîtrisée, soyons honnêtes.»

Il s’est également dit «ouvert» à ce que le gouvernement fédéral prenne le contrôle de la gestion de sortie de crise, mais a demandé de la «clarté».

Autre signe que les États s’organisent sans attendre de consignes du gouvernement fédéral, Californie, Oregon et Washington ont annoncé conjointement lundi la constitution d’un «pacte régional» similaire à celui qui prend forme à l’Est.

Le projet doit être présenté plus en détail mardi.

Plus de 230 G$ d’aide sur 350 G$ déjà versés aux PME américaines

Près des deux tiers des 350 milliards $US (485 milliards $) d’aide prévue pour les petites et moyennes entreprises frappées par l’épidémie de COVID-19 ont été versés, a affirmé lundi le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

«Nous avons confirmé 230 milliards $US [319 milliards $] de prêts par 4600 créanciers», a affirmé M. Mnuchin, rappelant que le programme avait été lancé le vendredi 3 avril.

«Si votre prêt n’a pas été traité, ce sera fait cette semaine», a promis M. Mnuchin.

Le Congrès avait alloué 350 milliards $US destinés aux entreprises de 500 employés ou moins à condition qu’elles gardent leurs employés ou les réembauchent.

Le programme, mis en place très rapidement, a rencontré des difficultés, les banques hésitant d’abord à prêter — malgré la garantie de l’État — en raison du manque d’information.

Les entreprises de moins de 500 employés peuvent faire des demandes de prêts, censés les aider à payer la masse salariale ou le loyer pendant huit semaines.

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TRUMP MÉNAGE LE DOCTEUR FAUCI

À plusieurs reprises, le docteur Anthony Fauci, cet expert de 79 ans reconnu mondialement, a dû — en finesse — recadrer le président des États-Unis, rectifier le tir après ses propos approximatifs — ou erronés — sur les vaccins ou traitements à venir contre la COVID-19.

Il assure que «Tony» fait un travail formidable mais donne des gages à ceux qui l’attaquent: Donald Trump joue un jeu ambigu avec le Dr Anthony Fauci, véritable vedette de la cellule de crise coronavirus de la Maison-Blanche.

À plusieurs reprises, cet expert de 79 ans reconnu mondialement a dû — en finesse — recadrer le président des États-Unis, rectifier le tir après ses propos approximatifs — ou erronés — sur les vaccins ou traitements à venir contre la COVID-19.

Par moments, Donald Trump, qui a souvent manifesté son mépris pour la science, a laissé poindre une forme d’agacement vis-à-vis de cet immunologiste qui met inlassablement en garde contre les dangers d’un déconfinement trop rapide.

Le ton est monté d’un cran cette fin de semaine lorsque le locataire de la Maison-Blanche a retweeté un message contenant la mention #FireFauci, «Virez Fauci» après des propos de ce dernier semblant critiquer la réponse de la Maison-Blanche.

Or la polémique intervient au moment où le président américain martèle qu’il s’apprête à prendre la décision «la plus importante de [sa] vie» sur une éventuelle réouverture de l’économie.

Moins de 24 heures après le «retweet» qui a mis le feu aux poudres, la Maison-Blanche a senti le besoin de clarifier les choses.

Non, le directeur du prestigieux Institut national des maladies infectieuses ne sera pas exclu de la cellule au beau milieu d’une pandémie qui a déjà fait plus de 23 000 morts aux États-Unis.

«Les spéculations médiatiques sont ridicules», a affirmé Hogan Gidley, porte-parole de la Maison-Blanche.

«Je ne vais pas le virer, je pense que c’est un type fantastique», a surenchéri peu après M. Trump lors d’un point de presse au cours duquel il s’est montré particulièrement agressif vis-à-vis de la presse.

Après avoir diffusé dans la salle de presse de la Maison-Blanche une vidéo ressemblant à un clip de campagne fait d’un enchaînement de propos louangeurs, il a justifié cette surprenante démarche.

«À cause des fake news, j’aime pouvoir rectifier le tir [...] Cela ne me dérange pas d’être critiqué, mais pas quand les gens ont tort.»  AFP