Des femmes activistes manifestent devant le parlement d'Amman, en Jordanie, mardi.

Les violeurs jordaniens ne pourront plus s'en tirer en mariant leur victime

La chambre basse du parlement jordanien a aboli mardi une clause du code pénal qui permettait aux violeurs d'échapper à la justice s'ils acceptaient d'épouser leur victime.
Le vote des députés, au terme d'échanges parfois tendus, a été applaudi par les spectateurs qui y ont assisté. La décision est perçue comme une victoire importante pour les droits des femmes dans un pays qui, malgré ses tendances occidentales, demeure très attaché à des notions d'»honneur familial».
Il y est notamment considéré comme «honteux» de compter une victime de viol au sein de la famille, et on considère que cette «honte» peut être effacée par le biais du mariage.
Lors du débat de mardi, certains élus ont fait valoir que l'»article 308» était nécessaire pour permettre aux victimes d'échapper à la stigmatisation sociale en leur offrant la possibilité d'épouser leur violeur. Les députés ont ultimement respecté l'avis du gouvernement et d'une commission royale sur les réformes judiciaires.
La décision doit maintenant être approuvée par le Sénat et par le roi Abdullah II, ce qui ne serait qu'une formalité. La Jordanie rejoindrait alors la Tunisie, le Maroc et l'Égypte parmi les pays qui ont abrogé une telle clause au fil des ans.
Human Rights Watch a dit que le parlement libanais envisage une mesure similaire. Plusieurs autres pays du Moyen-Orient et d'Amérique latine, en plus des Philippines et du Tadjikistan, ont toujours de tels articles, selon HRW.