Donald Trump et sa femme Melania ont distribué des repas dans un refuge pour les sinistrés de la tempête Harvey, à Houston.

Les Trump se mêlent aux rescapés de Houston

Poignées de main, égoportraits, enfants dans les bras : le président américain Donald Trump est allé samedi à Houston, au Texas, à la rencontre des rescapés de la tempête Harvey, qui a semé la désolation dans cette immense ville portuaire de 2,3 millions d'habitants.
Accompagné de sa femme Melania, casquette portant le mot Texas vissé sur la tête et chaussures de sport aux pieds, il a passé près de 45 minutes dans un centre de conférence de la ville aménagé pour accueillir des milliers de personnes ayant fui leur maison face à la montée des eaux.
Très à l'aise et tout sourire, le président septuagénaire, huit fois grand-père, s'est longuement assis pour discuter et jouer avec des enfants autour d'une table basse, avant de participer à une distribution de repas.
«J'ai vu beaucoup de bonheur. Même si cela a été très dur, [la réaction] a été fantastique. Il y a beaucoup d'amour», a-t-il déclaré lors d'un bref échange avec les journalistes. «Les choses se passent bien, les gens apprécient ce qui a été fait.»
«Nous signons beaucoup de documents pour que l'argent arrive à Houston», a-t-il ajouté, rappelant que son administration avait demandé au Congrès de débloquer d'urgence près de 8 milliards $ après le passage de la tempête Harvey, qui a fait au moins 42 morts et causé des dégâts estimés entre 30 et 100 milliards $.
Si le locataire de la Maison-Blanche s'était déjà rendu dans cet État en début de semaine, il était resté loin des zones les plus touchées.
Symbole fort
«Je pense qu'il était plus intéressé par les jouets», a lancé en riant Ima George, 42 ans, dont le fils de 4ans était dans la zone des enfants lorsque Donald Trump s'y est arrêté.
Quatrième ville américaine, Houston a été durement frappée par les inondations, mais les signes de retour à la vie normale se multipliaient : rétablissement du courant, reprise des réseaux de transport en commun, vastes opérations de nettoyage en cours.
Symbole fort : l'équipe de baseball, les Astros, a repris l'action en ville alors qu'ils recevaient la visite des Mets de New York pour un programme double.
Dans un des centres d'accueil de la ville, des cheerleaders de l'Université de Houston avaient fait le déplacement.
La tempête, au départ un ouragan de force 4 à son arrivée voilà une semaine, s'est maintenant largement dissipée, laissant la place à une dépression tropicale, selon le Centre national des ouragans.
Selon la présidence américaine, qui a déclaré que dimanche serait «une journée nationale de prière», plus de 100 000 maisons sont endommagées, tandis que 43 500 personnes se trouvent dans des abris et 436 000 foyers ont présenté une demande d'aide.
Changer d'État
Sur place, les habitants qui ont pu rentrer chez eux retrouvaient leur maison abandonnée plusieurs jours, où une eau boueuse est montée au moins jusqu'au niveau des fenêtres. De plus, les voitures étaient souvent, après avoir été noyées jusqu'au toit, des pertes totales.
Des dizaines de milliers d'habitants restent hébergés dans des centres d'accueil d'urgence. La lenteur de la décrue interdit tout retour chez eux. Et l'incertitude domine.
«Je n'ai aucune nouvelle de ma maison, j'attends toujours, la semaine a été angoissante», racontait April King, 35 ans, mère de trois enfants dont la maison à Cypress, au nord de Houston, a été lourdement endommagée.
«La prochaine étape est de trouver un hôtel», poursuivait la femme en veste de survêtement verte, les cheveux retenus en palmier. La suite? «Probablement déménager, changer d'État. Trop d'ouragans ici...»
Le retour à la normale prendra des années, a averti Greg Abbott, le gouverneur républicain du Texas : «Il faudra des années pour que le Texas puisse émerger de cette catastrophe.»