Plusieurs édifices de Juchitan de Zaragoza ont été jetés au sol par le violent séisme qui a frappé le Mexique, jeudi.

Les recherches cessent au Mexique

Les secours ont arrêté samedi les recherches de survivants dans la ville mexicaine de Juchitan, la plus touchée par le séisme qui a fait au moins 65 morts selon un nouveau bilan, auxquels s'ajoutent les deux personnes tuées au passage de l'ouragan Katia.
Toute la nuit et malgré les répliques incessantes, secouristes, militaires et policiers ont fouillé les ruines de cette commune de l'État d'Oaxaca, dans le sud, dévastée par la secousse de magnitude 8,2 survenue jeudi soir, la plus forte au Mexique en un siècle.
La ville de 100 000 habitants, entourée de montagnes à la végétation tropicale, a payé le plus lourd tribut avec au moins 37 morts.
«Il ne reste plus personne sous les décombres. La majorité [des survivants] a été secourue presque immédiatement par les familles et les voisins», a assuré aux journalistes Roberto Alonso, coordinateur d'une équipe de secours.
Maintenant que les recherches pour trouver des survivants ont été abandonnées, les Mexicains ont commencé à enterrer leurs morts. Le dernier bilan fait état de 65 morts à la suite du séisme, auxquels s'additionnent deux décès provoqués par le passage de la tempête tropicale <em>Katia</em>.
Après trois heures de fouilles, le corps sans vie d'un policier a été dégagé des gravats de la mairie, construction colorée de style colonial qui a été réduite en miettes. Son collègue, piégé comme lui par l'effondrement du bâtiment, avait pu être sorti vivant la veille.
Les habitants, encore apeurés et éplorés par la mort de leurs proches, montraient des signes de fatigue. «Beaucoup de gens ont dormi dans la rue par peur des secousses, elles n'ont pas cessé de se répéter», témoignait Marisela Valdivieso, une habitante.
Plus de 720 répliques ont été enregistrées depuis jeudi soir, selon le Service sismologique mexicain.
Fleurs et couronnes funèbres
Dans le centre de la ville, la nourriture se faisait rare et des files d'attente se formaient devant certains commerces ouverts, dont les propriétaires vendaient leurs produits par une fenêtre de crainte d'éventuels pillages.
Des fleurs et couronnes funèbres étaient proposées en quantité, dans la perspective des nombreuses funérailles à venir.
«Les vivres sont en route», promettait un militaire aux habitants inquiets.
L'épicentre du tremblement de terre qui a frappé le sud du Mexique, faisant plus de 200 blessés, était situé dans le Pacifique, à environ 100 kilomètres au large de Tonala, dans l'État du Chiapas, selon le centre géologique américain USGS.
Les autorités ont décrété trois jours de deuil national. Plus de 1000 soldats ont été déployés dans l'État d'Oaxaca, le plus affecté avec 46 morts.
Le drapeau mexicain a été mis en berne sur les édifices publics du pays, notamment sur la cathédrale métropolitaine de México.
Juchitan offrait samedi un paysage de désolation : voitures ensevelies sous les gravats, pans de murs renversés, morceaux de verre ou de bois jonchant les rues...
«Je n'ai pas le souvenir d'un séisme aussi affreux», a commenté Vidal Vera, un policier de 29 ans participant aux secours. «La ville est ravagée.»
Ignacio Chavez a raconté à l'AFP comment son fils, Ignacio Chavez Lopez, a péri dans le séisme : «Il n'a pas eu le temps de sortir avant que le bâtiment s'effondre complètement, c'était un bâtiment très ancien, de plus de 200 ans.»
«Malheureusement, parmi les sept personnes qui sont restées coincées, seules quatre ont pu être sauvées, les trois autres sont mortes».
«Tout mon corps tremble»
À Tonala, la peur restait également présente. «Tout mon corps tremble, vraiment. Chaque fois qu'une voiture passe, j'ai l'impression que ça tremble», confiait Roberto Olivera, un habitant.
La secousse a été ressentie jusqu'à México, déclenchant des mouvements de panique, mais aussi au Guatemala, où quatre personnes ont été blessées.
En septembre 1985, un séisme de magnitude 8,1 avait dévasté une grande partie de la capitale et fait plus de 10 000 morts.
Régulièrement accablé par les catastrophes naturelles, le Mexique était confronté, dans l'est, à l'ouragan Katia, heureusement moins nocif que ce qui était redouté, car rétrogradé en simple dépression tropicale par le Centre américain des ouragans (NHC).
«À Xalapa, la capitale de l'État de Veracruz, il y a eu deux décès en raison de glissements de terrain [dus aux pluies provoquées par Katia]», a déclaré Luis Felipe Puente, le directeur de la protection civile fédérale, à la chaîne Televisa.
Selon M. Puente, les crues de deux fleuves ont endommagé 235 maisons, affectant plus de 900 habitants, mais les dégâts sont moindres que prévu.
À Tecolutla, ville côtière de 8000 habitants du centre du Mexique, près de laquelle Katia avait touché terre, de nombreux arbres ont été arrachés et des bâtiments endommagés.
«Ma maison s'est effondrée vers une heure du matin», a raconté Castellano Espinosa, un guide touristique de 75 ans. «Moi j'étais caché dans une autre maison. Je suis parti à temps, en emportant mes affaires et mes papiers les plus importants.»