Plusieurs grands patrons ont fait part mardi de leurs points de vue «sévères et alarmistes» sur la menace que représente, selon eux, une possible accession de la candidate anti-euro Marine Le Pen à la tête de l'État français.

Les moments forts de la journée de la présidentielle française

À cinq jours du second tour de l'élection présidentielle et à la veille du débat qui opposera mercredi les deux finalistes, 65 % des militants de la gauche radicale refusent de soutenir le centriste Emmanuel Macron, en léger recul dans les intentions de vote.
Le ni-ni domine chez la gauche radicale  
Pour la gauche radicale, ce sera avant tout le vote blanc ou l'abstention : les militants de Jean-Luc Mélenchon, candidat de «La France insoumise», se sont prononcés dans une consultation sur internet. Sur quelque 243 000 votants, 36 % ont choisi le vote blanc ou nul et 29 % l'abstention. Seuls 35 % d'entre eux veulent voter pour Emmanuel Macron, opposé au second tour du scrutin dimanche à la candidate d'extrême droite Marine Le Pen.
Éliminé au premier tour avec 19,5 % des suffrages, M. Mélenchon a refusé de donner une consigne de vote, suscitant de nombreuses critiques au sein de la classe politique.
Veille de débat 
Pas de gros déplacements ce mardi pour les deux candidats, qui ont la tête au duel du lendemain : le débat télévisé de l'entre-deux-tours, parfois déterminant, débutera mercredi soir.
Alors que la chaîne BFMTV affirmait mardi après-midi qu'Emmanuel Macron serait prêt à quitter le plateau du débat s'il sert «de punching-ball» à son adversaire, Marine Le Pen a ironisé sur Twitter : «Si M. Macron ne se sent pas à l'aise, il peut toujours demander à François Hollande de venir lui tenir la main, je ne m'y opposerai pas», écrit-elle. L'entourage de l'intéressé dément.
Sondage: baisse de forme pour Macron 
Emmanuel Macron reste largement en tête des intentions de vote pour le second tour (59 %-41 %), mais l'écart avec Marine Le Pen se resserre, selon un sondage Elabe publié mardi. Le candidat d'En marche! a perdu cinq points en huit jours alors que celle du Front national en a gagné autant.
Fillon à la chasse au Canard 
Le candidat conservateur éliminé au premier tour refait parler de lui : dans son édition à paraître mercredi, l'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné, qui avait révélé l'affaire d'emplois fictifs présumés dans laquelle François Fillon a été inculpé, annonce que ce dernier a porté plainte.
Selon Le Canard, cette plainte est fondée sur un article du Code électoral qui réprime la propagation de «fausses nouvelles», «bruits calomnieux» ou «autres manoeuvres frauduleuses» ayant eu pour effet de «détourner» les suffrages.
Patrons anti-Le Pen 
Après le président du patronat français, Pierre Gattaz, déjà clairement engagé pour Emmanuel Macron, plusieurs grands patrons ont fait part mardi de leurs points de vue «sévères et alarmistes» sur la menace que représente, selon eux, une possible accession de la candidate anti-euro Marine Le Pen à la tête de l'État français.