Des manifestants ont pris aux défilés du 1er mai, déguisés en Emmanuel Macron et sa femme Brigitte Trogneux et en Marine Le Pen en faucheuse.

Les moments forts de la journée de la présidentielle française

À six jours du second tour de la présidentielle en France, la famille et le général de Gaulle se sont invités dans la campagne lundi 1er mai, avec en toile de fond un duel par rassemblements interposés entre le centriste Emmanuel Macron et sa rivale d'extrême droite Marine Le Pen.
Policier en flammes 
Un policier prisonnier des flammes lors d'affrontements avec des jeunes cagoulés en marge des défilés du 1er mai : la photo, spectaculaire, marquera-t-elle cette présidentielle 2017?
Au total, six policiers ont été blessés au cours de heurts survenus à Paris. «L'un a été gravement touché à la main, et un autre sérieusement brûlé au visage», a précisé le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl.
Marine Le Pen (FN) a réagi dans un tweet : «C'est cette chienlit et ce laxisme que je ne veux plus voir dans nos rues». Son adversaire Emmanuel Macron (En marche!) a rendu un «hommage tout particulier» aux forces de l'ordre, qui «ont encore eu à subir des violences».
Loin de faire masse comme en 2002 contre l'extrême droite - le leader d'alors du Front national et père de Marine, Jean-Marine Le Pen, s'était déjà retrouvé au second tour de la présidentielle - 142 000 personnes sont descendues lundi dans la rue, selon l'Intérieur. Elles étaient 1,3 million à dire «non» au Front national le 1er mai 2002.
Macron et la famille 
«Serais-je un ennemi des familles, parce que la mienne est un peu différente, et je l'assume pleinement?» a lancé le candidat centriste, marié à son ancienne professeure de théâtre, Brigitte, de 24 ans son aînée.
Jean-Marie Le Pen avait fait huer Emmanuel Macron dans la matinée lors de son traditionnel hommage à Jeanne d'Arc, notant qu'«il nous parle d'avenir mais il n'a pas d'enfants, il nous parle des travailleurs, mais c'est un ancien banquier».
«M. Le Pen, j'ai des enfants et des petits-enfants de coeur (ceux de sa femme Brigitte, ndlr). C'est une filiation, qui se construit, c'est une filiation qui se conquiert, une filiation qui ne vous doit rien, et une filiation que vous n'aurez pas», a lancé le candidat.
«Il y a en France plein de familles (...) Deux hommes qui s'aiment et ont des enfants, c'est aussi une famille, deux femmes qui s'aiment et ont des enfants, c'est aussi une famille», a-t-il poursuivi, promettant de «protéger toutes les familles».
Marine Le Pen charge Macron et la «finance» 
Se référant au discours de campagne du candidat Fançois Hollande qui, en 2012, faisait de la finance son «adversaire» sans nom et sans visage, Mme Le Pen a lancé : «Cette fois, il a un nom, il a un visage, il a un parti et il présente sa candidature, et tous rêvent de le voir élu, et il s'appelle Emmanuel Macron».
«Emmanuel Macron, c'est François Hollande qui veut rester et s'accroche au pouvoir comme une bernique», a-t-elle ironisé en direction de son adversaire, ancien banquier d'affaires et conseiller du président Hollande.
«Je suis la candidate de la France qui se lève tôt, qui pense au lendemain, la France qui veut préserver le patrimoine non seulement matériel, mais aussi immatériel des Français, la France qui oeuvre pour être fière du pays que nous laisserons aux Français», a-t-elle proclamé.
Le «respect» de Macron 
«Je sais que beaucoup voteront pour moi pour ne pas avoir le Front national. Je veux leur dire ici mon respect, et le fait que j'ai pleinement conscience que le 7 mai, je fais plus que défendre un projet politique : je porte le combat pour la République et pour la démocratie libre», a déclaré le candidat d'En Marche! devant plusieurs milliers de partisans.
Le favori du scrutin a présenté le deuxième tour comme «un combat pour que vous puissiez exprimer demain vos désaccords».
Il a fustigé «les amis de Mme Le Pen», citant le président hongrois Viktor Orban, le chef du parti au pouvoir à Varsovie, Jaroslaw Kaczynski, ou le président russe Vladimir Poutine, dont les pays «ne sont pas des régimes de démocratie libre».
De Gaulle, enjeu de campagne 
Marine Le Pen cite à l'envi Charles de Gaulle comme pour mieux reprendre à son compte l'héritage du chef de la France libre, qui incarna le combat contre l'occupation allemande et la collaboration avec les nazis.
Son allié politique, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qu'elle a promis de nommer Premier ministre si elle est élue, se revendique quant à lui haut et fort «gaulliste».
Pour le petit-fils du général Yves de Gaulle, âgé de 65 ans, c'en est trop. Il a déploré lundi auprès de l'AFP qu'on «insulte sa mémoire comme son héritage» et dénoncé ceux qui «cachent leurs petites médiocrités sous l'étendard du gaullisme».
«Charles de Gaulle, son mouvement, son action, son ambition pour la France appartiennent à l'Histoire, c'est-à-dire à tout le monde», écrit l'ancien haut fonctionnaire dans une tribune intitulée «Ça suffit! Rappel aux gaullistes et aux autres».
«Que ceux qui se rallient ou défendent le côté obscur de la France aient le courage d'assumer sans se cacher. Surtout pas derrière l'excuse d'un prétendu gaullisme! (..) Honte à ceux qui oublient, ou pire, dévoient le message de ce qui fut notre honneur!» ajoute Yves de Gaulle sans citer de nom.