Des partisans de Marine Le Pen installent des affiches de leur candidate, à Dieppe.

Les moments forts de la journée de la présidentielle française

À neuf jours du premier tour de la présidentielle française, la justice demande la levée de l'immunité parlementaire de l'eurodéputée d'extrême droite Marine Le Pen, le président François Hollande continue de mettre en garde contre un duel entre Mme Le Pen et le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.
Marine Le Pen, bientôt justiciable?
Les juges financiers français ont demandé au Parlement européen la levée de l'immunité de la candidate du Front national dans le cadre de l'enquête sur un système d'emplois fictifs destiné à rémunérer certains de ses collaborateurs grâce à des fonds publics de l'UE.
La candidate, donnée dans le duo de tête au premier tour du 23 avril avec le centriste Emmanuel Macron, avait refusé le 10 mars de se rendre à une convocation des juges en vue d'une possible inculpation dans le cadre de cette affaire, invoquant justement son immunité d'eurodéputée.
La demande de levée d'immunité de Mme Le Pen, envoyée fin mars, ne devrait cependant pas aboutir avant plusieurs mois, en raison d'un long parcours procédural et des délais de traitement au sein du Parlement européen. Elle replace néanmoins les affaires au coeur d'une campagne présidentielle où les débats ont été ces derniers mois relégués au second plan.
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«Messages d'alerte» du président
Craignant une finale entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon en pleine ascension, le président socialiste François Hollande va multiplier les prises de parole dans la dernière ligne droite. Il doit se déplacer la semaine prochaine en province et en banlieue pour multiplier les «messages d'alerte», selon son entourage.
Lors d'un déplacement sur le site historique du constructeur automobile PSA à Sochaux, le chef de l'État a déjà mis en garde vendredi contre un «risque de repli par rapport à l'Europe» en cas de victoire de l'un de ces deux candidats.
Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé le «caractère manoeuvrier» de François Hollande pour soutenir sans le dire le centriste Emmanuel Macron, qui fut son ministre de l'Économie.
«D'où vient cette excitation, si ce n'est un caractère manoeuvrier? S'il veut appeler à voter M. Macron, qu'il le dise clairement: "mon candidat, c'est M. Macron. Si vous voulez continuer ce que j'ai fait c'est M. Macron"», s'est-il insurgé.
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L'espoir du camp du conservateur François Fillon
Un porte-parole du candidat de droite François Fillon, Luc Chatel, a assuré «de nouveau» commencer à croire dans les chances de l'ancien Premier ministre. M. Fillon, inculpé pour détournement de fonds publics dans l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs, bataille pour remobiliser son électorat.
«Tous les scénarios sont possibles: il vaut mieux être dans la dynamique que dans l'affaiblissement», a-t-il estimé, certain que «François Fillon sera au deuxième tour». Les sondages actuels le donnent au coude à coude avec Jean-Luc Mélenchon, poursuivant dans un mouchoir de poche le duo de tête.
Florence Portelli, également porte-parole de François Fillon, estime de son côté que l'éventualité d'un duel Mélenchon-Le Pen motive les électeurs à faire barrage: «Je peux vous assurer que c'est un coup de booster pour notre électorat», a-t-elle dit.