Des manifestants de toutes origines ethniques ont marché bras dessus, bras dessous et en silence à travers le centre-ville de Saint-Louis, lundi matin.

Les manifestations continuent à Saint-Louis malgré 80 arrestations

Des manifestants de toutes origines ethniques ont marché bras dessus, bras dessous et en silence à travers le centre-ville de Saint-Louis, lundi matin, pour dénoncer l'acquittement d'un ex-policier blanc qui a déchargé son arme sur un suspect noir. La marche survient au lendemain d'une autre nuit de désordre durant laquelle plus de 80 personnes ont été arrêtées.
Cette dernière nuit d'agitation s'ajoute aux trois jours de manifestations pacifiques et aux trois nuits marquées par des émeutes et des violences dans cette ville ébranlée depuis qu'un juge a prononcé, vendredi, un verdict de non-culpabilité dans l'affaire de l'ex-policier Jason Stockley accusé du meurtre d'Anthony Lamar Smith.
Des centaines de policiers antiémeute ont été déployés au centre-ville de Saint-Louis dimanche. Ils ont procédé à l'arrestation de plus de 80 personnes et saisi des armes à la suite de plaintes pour des méfaits sur des propriétés et pour des actes de vandalisme. Les policiers ont procédé aux arrestations après le refus des manifestants d'obtempérer à un ordre de dispersion.
En conférence de presse, lundi matin, le chef de police par intérim de Saint-Louis, Lawrence O'Toole, s'est dit fier d'annoncer que la ville est sécuritaire et que ses policiers ont tenu bon.
Plus tôt dimanche, plus d'un millier de manifestants s'étaient rassemblés devant le quartier général de la police avant de marcher à travers le centre-ville, le quartier huppé du Central West End et le coin branché de Delmar Loop, près de la cité universitaire. Les manifestants ont aussi marché à travers deux centres commerciaux dans un secteur cossu du comté de Saint-Louis.
La grande majorité des manifestants avaient quitté les lieux à la nuit tombée, mais une centaine d'individus plus agités sont demeurés sur place. Les esprits se sont échauffés au moment où le groupe a fait marche arrière en direction du centre-ville. Sur leur route, ils ont brisé des pots de fleurs, fracassé des vitrines et renversé des chaises de plastique disposées pour un événement extérieur.
Selon les forces de l'ordre, des suspects ont aspergé des policiers avec des bouteilles remplies d'une substance non identifiée et un agent aurait été blessé à la jambe.
C'est à ce moment que les renforts antiémeute sont arrivés pour arrêter les manifestants et saisir au moins cinq armes. Les policiers auraient repris à leur compte le chant des manifestants en scandant le slogan : «À qui appartient la rue? La rue est à nous!»