Les rescapés ont été transférés vers des hôtels et des camps militaires, tandis que de nombreux proches inquiets ont afflué à Rafina.

Les feux autour d’Athènes ont fait «plus de 20 morts»

ATHÈNES — Les violents incendies qui ont ravagé lundi les alentours d’Athènes ont fait «plus de 20 morts» et «plus de 104 blessés», a annoncé dans la nuit le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos.

La plupart des victimes ont été piégées dans le secteur de la localité balnéaire de Mati, à 40 kilomètres au nord-est d’Athènes, «à leur domicile ou dans leurs voitures», a-t-il indiqué dans un message télévisé.

Onze des blessés sont dans un état grave, tandis que 16 sont des enfants, a-t-il précisé.

«Avec l’avancée des secours, nous risquons de découvrir de nouvelles victimes, la nuit va être longue», s’était auparavant inquiété un responsable du service de presse des pompiers, alors que le bilan s’établissait encore à neuf morts.

Peu avant minuit, un photographe de l’AFP a notamment découvert d’abord trois puis un quatrième corps, tous carbonisés, sous une voiture et une moto à Mati, tout près du port.

Les autorités poursuivaient les opérations de recherches de victimes et d’évacuations des sinistrés, a indiqué M. Tzanakopoulos.

Neuf patrouilleurs côtiers, deux bâtiments militaires et «des dizaines de bateaux privés» assistés d’hélicoptères de l’armée étaient mobilisés pour évacuer sur le port de Rafina, proche de Mati, les résidents et touristes ayant fui les flammes sur les plages et en mer, a-t-il précisé.

Les rescapés étaient transférés vers des hôtels et des camps militaires, tandis que de nombreux proches inquiets affluaient à Rafina.

Au vu de la situation, la présidence de la République a annulé la réception annuelle prévue mardi pour commémorer le rétablissement de la démocratie en Grèce en juillet 1974.

Renforts européens

M. Tzanakopoulos a aussi annoncé que l’Espagne allait envoyer des avions, et Chypre, une équipe de 60 pompiers. La Grèce a activé le mécanisme européen de protection civile pour obtenir de l’aide de ses partenaires.

«L’heure est à la lutte contre les flammes», avait auparavant déclaré le premier ministre, Alexis Tsipras, qui affronte le drame alors qu’il s’apprêtait à fêter, en août, la sortie de la Grèce des prêts de l’UE et du FMI consentis depuis 2010 en échange d’une douloureuse austérité.

Selon M. Tsipras, «plus de 600» pompiers ont été déployés sur les trois fronts partis dans la journée, dont deux continuaient de progresser dans la nuit autour de Mati et à quelque 55 kilomètres à l’ouest de la capitale, près de la localité de Kinetta, en bordure de l’autoroute conduisant au canal de Corinthe.

La nuit a interrompu les opérations aériennes, menées plus tôt par huit avions et neuf hélicoptères

Selon le secrétaire général à la Protection civile, Yannis Kapakis, les feux ont été attisés par des vents soufflant jusqu’à plus de 100 km/h, une «situation extrême».

M. Tsipras a écourté un déplacement à Mostar, en Bosnie, pour rentrer dans la capitale.

«Si je n’étais pas partie, j’aurais brûlé» a témoigné Maria, une retraitée de 67 ans résidant à Mati. Jointe au téléphone par l’AFP, elle a précisé avoir dû abandonner ses deux chiens pour fuir à temps.

Drône américain

Au-dessus de Kinetta, le feu a aussi brûlé maisons et voitures. Trois lotissements ont été évacués et la municipalité a ouvert des locaux pour accueillir leurs habitants.

La localité de Kinetta, à l'ouest de la capitale

Les zones sinistrées ont été recouvertes toute la journée d’épais nuages de fumée, couvrant aussi le ciel de la capitale, tandis que le trafic routier et l’alimentation en électricité étaient perturbés.

Le premier ministre s’est affirmé «préoccupé par le déclenchement en parallèle de ces foyers», laissant soupçonner une action criminelle.

Les États-Unis vont mettre à disposition des autorités un drone, qui sera déployé dès mardi dans le ciel d’Athènes, «pour repérer toute action suspecte», a indiqué M. Tzanakopoulos.

Les incendies ont pris alors qu’une vague de chaleur s’abattait sur le pays, avec des températures grimpant jusqu’à 40 degrés Celsius. Selon les services météo, les conditions doivent rester difficiles mardi.

Les incendies de forêt et de maquis sont récurrents en Grèce l’été, notamment dans les zones vertes entourant la capitale. Les derniers feux les plus dévastateurs avaient tué en 2007 dans le Péloponnèse et sur l’île d’Evia 77 personnes, ravageant 250 000 hectares de forêts, maquis et cultures.