Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a accusé les médias d'avoir minimisé l'assistance lors de l'investiture du nouveau président.

Les «faits alternatifs» de l'équipe de Trump font jaser

Le ciel est rouge. Les chiens donnent naissance à des chatons. Est-ce que ce sont des faits? Non. Mais ce sont peut-être des «faits alternatifs» - une expression utilisée par la conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway, qui a fait beaucoup jaser sur les réseaux sociaux.
Mme Conway a tenu ces propos la fin de semaine dernière, alors qu'elle commentait la conférence de presse du porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, qui a accusé les médias d'avoir minimisé l'assistance lors de l'investiture du nouveau président.
M. Spicer a fait deux déclarations sans fournir de preuve - il a prétendu que les photos de la foule présente à l'investiture avaient été cadrées délibérément pour sous-estimer l'assistance, et il a avancé que M. Trump était le président ayant attiré le plus de monde lors d'une cérémonie d'assermentation.
Le porte-parole a aussi tenu des propos qui ont rapidement été démentis. Il a notamment affirmé que le réseau de métro de Washington avait desservi davantage de voyageurs pour le jour d'investiture de M. Trump que pour celui de Barack Obama lors de son second mandat, en 2013.
Le mot-clic «Alternativefacts» («Faits alternatifs») est devenu rapidement populaire sur Twitter, où les utilisateurs ont fourni leurs propres «faits alternatifs», dont: «Les cigarettes sont bonnes pour vous» et «Ce n'est pas lundi. C'est encore la fin de semaine».
Le mot-clic «Spicerfacts» («Les faits de Spicer») a rapidement fait surface. Parmi les messages les plus partagés, il y avait entre autres: «Yoko Ono a séparé les Monkeys» et «Le KKK est une organisation de sensibilisation communautaire».
Dans l'hilarité collective, d'autres utilisateurs ont plutôt fait le rapprochement entre cette nouvelle et le célèbre ouvrage de George Owell sur le totalitarisme, «1984».
«Le parti vous disait de rejeter le témoignage de vos yeux et de vos oreilles. C'était son commandement ultime, et le plus essentiel», est-il écrit dans le livre.
Le journaliste de longue date Dan Rather a confié à l'Associated Press, dimanche, que c'était un événement inédit pour lui. Certains porte-parole ont pu induire en erreur les journalistes par le passé, mais M. Rather n'avait jamais vu l'un d'entre eux répandre de telles fausses informations.