Un passeport américain

Les eurodéputés veulent réimposer des visas aux Américains

Le Parlement européen a demandé jeudi à la Commission de revenir rapidement sur l'exemption de visas pour entrer dans l'UE dont bénéficient les Américains, en raison du refus de Washington d'en faire de même pour les ressortissants de cinq pays européens.
«La Commission européenne est légalement tenue de prendre des mesures visant à réintroduire temporairement une obligation de visa pour les citoyens des États-Unis, étant donné que Washington refuse de donner l'accès à son territoire sans visa aux ressortissants de cinq pays de l'UE», a indiqué le Parlement dans un communiqué.
Une majorité d'eurodéputés a adopté jeudi, lors d'un vote à main levée, une résolution non contraignante en ce sens, demandant à l'exécutif européen d'agir «d'ici deux mois».
Méfiance
Ce vote intervient alors que les relations entre Bruxelles et Washington sont teintées de méfiance depuis l'élection du président américain Donald Trump, qui a à plusieurs reprises attaqué l'UE et s'est félicité du Brexit.
Les ressortissants de cinq des 28 pays de l'Union européenne, la Bulgarie, la Croatie, Chypre, la Pologne et la Roumanie, doivent encore demander un visa pour leurs séjours de courte durée aux États-Unis.
La Commission européenne, qui n'impose aucun visa aux Américains entrant dans l'UE pour moins de trois mois, demande depuis 2014 que Washington fasse réciproquement bénéficier l'ensemble des plus de 500 millions de citoyens européens d'une telle exemption de visas.
Bruxelles refuse toutefois d'en faire un casus belli avec les États-Unis. En décembre 2016, le commissaire à l'Immigration, Dimitris Avramopoulos, avait assuré que le dossier figurait «parmi les priorités à traiter avec la nouvelle administration» américaine. Mais, avait-il en même temps expliqué, l'exécutif européen doit aussi «tenir compte des conséquences d'une suspension de visas pour les relations extérieures de l'UE et de ses États membres».
En avril, la Commission avait déjà jugé qu'une telle mesure de rétorsion serait préjudiciable et aurait des répercussions négatives dans de nombreux domaines, dont le commerce ou le tourisme.
Jeudi, une porte-parole a assuré que M. Avramopoulos avait déjà «relancé» la discussion lors d'une visite récente à Washington, rappelant que des «contacts diplomatiques patients» avaient permis de régler un différend similaire avec le Canada, qui lèvera ses dernières restrictions de visas, pour les ressortissants roumains et bulgares, le 1er décembre prochain.