Les autorités israéliennes, qui avaient installé le 16 juillet des détecteurs de métaux à la suite d'affrontements violents, ont retiré le dispositif, mardi.

Les détecteurs de métaux retirés de l'esplanade des Mosquées

Israël a retiré mardi les détecteurs de métaux de l'esplanade des Mosquées dont l'installation avait déclenché des violences meurtrières entre Palestiniens et forces israéliennes, mais les autorités musulmanes maintiennent leur boycottage de ce lieu saint de l'islam situé à Jérusalem-Est occupée.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a parallèlement annoncé le maintien du gel de la coopération avec Israël, décidé la semaine dernière.
La décision de retirer les détecteurs a été prise après une intense mobilisation diplomatique, la communauté internationale s'inquiétant du risque d'un débordement des tensions au-delà des territoires palestiniens.
Une crise diplomatique née d'un incident meurtrier à l'ambassade d'Israël en Jordanie aurait également pesé dans la balance.
Dans les premières heures de mardi, des ouvriers ont enlevé les détecteurs à l'une des entrées de l'esplanade, troisième lieu saint de l'islam.
Quelques dizaines de membres des forces de sécurité israéliennes se tenaient autour de l'entrée du site, qui est également le lieu le plus sacré du judaïsme, sous le nom de Mont du Temple.
Plusieurs centaines de fidèles ont prié mardi après-midi dans les rues aux abords de la Vieille ville, malgré la forte chaleur estivale, comme ils le font depuis l'installation des détecteurs de métaux.
«Ce que nous voulons et que nous demandons est que tout redevienne comme avant le 14 juillet», a expliqué Mohammed Hijazi, qui est venu à Jérusalem depuis le nord d'Israël il y a quelques jours pour participer aux manifestations.
«Lorsque ce sera le cas, nous serons prêts à retourner prier dans la mosquée Al-Aqsa», a-t-il ajouté.
Les autorités israéliennes avaient installé les détecteurs de métaux aux entrées de l'esplanade le 16 juillet, au surlendemain de la mort de deux policiers israéliens dans une attaque. Elles ont justifié ce dispositif par le fait que les assaillants avaient dissimulé des armes sur ce site et en étaient sortis pour mener leur attentat.
Boycottage maintenu
Pour protester contre l'installation des détecteurs de métaux, les fidèles musulmans ont depuis refusé d'entrer sur l'esplanade et ont décidé de prier dans les rues environnantes.
Le cabinet de sécurité israélien a accepté «la recommandation de tous les organismes de sécurité de remplacer l'inspection au moyen de détecteurs de métaux par une inspection de sécurité basée sur des technologies avancées et sur d'autres moyens», a déclaré dans la nuit le bureau du premier ministre Benyamin Netanyahou.
Malgré l'annonce israélienne, les autorités musulmanes à Jérusalem ont demandé aux fidèles de maintenir leur boycottage du Noble sanctuaire, qui abrite le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa.
Malgré le retrait des détecteurs, les musulmans ont poursuivi leur boycottage de l'esplanade des Mosquées et ont aussi continué à manifester dans les rues de Jérusalem-Est.
«Pas d'entrée dans la mosquée Al-Aqsa jusqu'à ce qu'un comité technique du Waqf fasse une évaluation de la situation et que la situation revienne à ce qu'elle était avant le 14 juillet [date de l'attaque contre les policiers israéliens].»
«Tant que toutes les mesures [de sécurité] ne reviennent pas à ce qu'elles étaient avant le 14 juillet, il n'y aura pas de changement» au gel de la coopération avec Israël, a déclaré mardi soir le président palestinien.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté pour sa part les musulmans du monde entier à «visiter» et «protéger» Jérusalem.
La semaine dernière, des affrontements ont éclaté à plusieurs reprises entre manifestants palestiniens et forces de sécurité israéliennes au cours desquels cinq Palestiniens ont été tués.
Trois civils israéliens ont été tués pendant la même période par un Palestinien dans une colonie israélienne en Cisjordanie occupée.
Entente entre la Jordanie et Israël
La décision d'enlever les détecteurs de métaux intervient notamment après des discussions entre Israël et la Jordanie, gardien officiel des lieux saints musulmans de Jérusalem.
Une source gouvernementale jordanienne a fait état d'une entente sur l'esplanade des Mosquées à laquelle sont parvenus les deux pays, ayant notamment permis le retour en Israël d'un diplomate accusé d'avoir tué deux Jordaniens après avoir été attaqué par l'un d'entre eux à l'ambassade d'Israël à Amman dimanche, et que la Jordanie avait demandé à interroger.
Les deux pays sont liés par un traité de paix signé en 1994.
Le roi de Jordanie avait pressé lundi soir le premier ministre israélien, lors d'un entretien téléphonique, de mettre un terme à toutes les mesures de sécurité prises récemment sur l'esplanade.
Lors des funérailles mardi d'un des deux Jordaniens tués par le garde de sécurité israélien, des milliers de Jordaniens ont crié «mort à Israël».
La décision israélienne de retirer les détecteurs de métaux intervient aussi après l'arrivée lundi en Israël de l'émissaire pour le Proche-Orient du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt, et les déclarations de l'émissaire de l'ONU chargé du Proche-Orient, Nickolay Mladenov, sur la nécessité de trouver une solution d'ici vendredi.
«Cette crise n'est pas finie», a déclaré mardi M. Mladenov dans un communiqué.
«J'espère que les mesures prises par Israël vont permettre le retour à un calme relatif, et nous espérons que cela arrivera dans les prochains jours», a-t-il ajouté.