«Arrêtez les coupes», avait écrit une manifestante sur son visage.

Les Britanniques dans la rue pour dénoncer l'austérité

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi dans les rues de Londres pour protester contre la politique d'austérité du gouvernement de David Cameron, appelant pour certains à la démission du premier ministre conservateur.
Les médias britanniques ont évalué à 50 000 le nombre des participants à ce défilé.
Le cortège, assemblage hétéroclite de membres de l'opposition travailliste, de militants pacifistes ou encore de syndicalistes, a quitté l'University of Central London en début d'après-midi pour rejoindre Trafalgar Square.
Brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Il doit partir», à l'attention du premier ministre, les manifestants entendaient dénoncer les coupes dans les aides sociales, et plus globalement la politique d'austérité suivie depuis 2010 par David Cameron et son ministre des Finances George Osborne.
«La lutte contre l'austérité est un combat de notre temps», a déclaré Diane Abbott, une responsable du Parti travailliste.
«C'est l'austérité qui menace le NHS (le système de santé britannique, gratuit). C'est l'austérité qui empêche les autorités locales de construire des logements. C'est l'austérité qui pousse les gens sans emploi à accepter des contrats zéro heure (sans indications d'horaires ou de durée minimum de travail). C'est l'austérité qui menace l'avenir des jeunes», a-t-elle martelé «L'austérité n'est pas une nécessité économique, mais un choix politique», a souligné de son côté Chris Nineham, membre du mouvement pacifiste Stop The War Coalition. «Ce n'est pas seulement de David Cameron dont il faut nous débarrasser, mais de tout ce gouvernement conservateur pourri.»
Comme nombre d'autres participants, Gary Manning, un ingénieur de 42 ans, portait un masque de porc, pour symboliser ceux qui s'engraissent le plus dans la société . «Les tories augmentent les impôts, mais certains en paient plus que d'autres, et ce ne sont pas les plus riches», a-t-il estimé.
D'autres n'ont pas hésité à interpeller le premier ministre sur ses révélations concernant ses liens passés avec une société offshore, dans la foulée de l'affaire des «Panama Papers».
«Je pense qu'il a mis bien trop de temps, cela lui a pris cinq jours pour reconnaître son rôle dans cette affaire. Ce n'est pas brillant, et je pense que quelqu'un dans sa position a un devoir de transparence et d'ouverture», a dit Sarah Henney, qui travaille dans le marketing.
Le mouvement opposé à l'austérité au Royaume-Uni avait déjà rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes en octobre à Manchester (nord-ouest) et à Londres, en juin, peu après la réélection de M. Cameron aux législatives de mai.
Le premier ministre oppose aux critiques les performances de l'économie britannique, avec un chômage de 5,1% en janvier et une croissance du PIB de 2,3% en 2015, et une volonté d'assainir les comptes publics.