Le journaliste Steven Sotloff a été exécuté par une cellule d’exécution nommée «Beatles» par les otages, en raison de leur accent britannique. Sotloff a été décapité par «Djihadi John», l’un des membres de ce quatuor. «John» a été tué par une frappe de drone en 2015.

Les «Beatles» de l'EI devraient être jugés aux États-Unis

LONDRES — Londres a annoncé lundi travailler avec Washington pour que soient jugés aux États-Unis deux djihadistes britanniques membres d'une cellule d'exécution du groupe État islamique, et a déclenché une polémique en s'abstenant de demander à ce que la peine de mort leur soit épargnée.

L'affaire concerne Alexanda Amon Kotey et El Shafee el-Sheikh, deux djihadistes britanniques capturés en janvier en Syrie par une force arabo-kurde alliée de Washington.

Les deux hommes faisaient partie d'un quatuor surnommé par leurs otages «les Beatles». Ils sont accusés d'être responsables de la détention et de la décapitation d'environ une vingtaine d'otages, notamment des Occidentaux parmi lesquels les journalistes américains James Foley et Steven Sotloff et le travailleur humanitaire américain Peter Kassig.

«Dans ce dossier, il a été décidé qu'en raison des crimes horribles présumés et du fait qu'il y a des victimes des deux côtés de l'Atlantique, il était important de rechercher la juridiction la plus appropriée», a déclaré le secrétaire d'État britannique à la Sécurité, Ben Wallace, lors d'un débat sur le sujet convoqué en urgence devant le Parlement.

Or, «nous ne pensons pas avoir les preuves pour les juger au Royaume-Uni», a-t-il ajouté, estimant «probable», dans ces circonstances, «qu'il y ait un procès aux États-Unis».

Ben Wallace a également souligné qu'Alexanda Amon Kotey et El Shafee el-Sheikh n'étaient pas des «citoyens britanniques». Selon un article publié par le Times en février, ils ont été déchus de leur nationalité.

Peine de mort

Le sort de deux hommes a été évoqué récemment dans une lettre du ministre de l'Intérieur britannique Sajid Javid adressée au ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, et publiée lundi par le quotidien The Daily Telegraph.

M. Javid y présente l'arsenal juridique américain comme plus à même de juger les crimes dont sont accusés les deux hommes, et estime qu'il existe de «fortes raisons» pour ne réclamer de garanties que les deux hommes ne feront pas l'objet, en cas de procès aux États-Unis, d'une condamnation à mort.

Cette entorse à la position de principe du Royaume-Uni à la peine de mort a déclenché une pluie de critiques à l'encontre du gouvernement conservateur de Theresa May.

«Cette décision [...] est à la fois odieuse et honteuse», a déclaré Diane Abbott, ministre de l'Intérieur du cabinet fantôme de l'opposition travailliste. «C'est un évolution profondément inquiétante», a estimé pour sa part Allan Hogarth, un porte-parole de l'ONG Amnesty International.