Des hommes se réclamant d'Al-Qaïda réunis dans le sud du Yémen.

Les Américains mènent un raid contre Al-Qaïda au Yémen

Au moins 41 membres présumés d'Al-Qaïda, dont plusieurs chefs, ainsi que huit femmes et huit enfants, ont été tués dimanche dans un raid surprise attribué aux États-Unis dans le centre du Yémen, a-t-on appris auprès d'un responsable yéménite local.
Cette opération d'envergure, la première depuis l'arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump, a été menée tôt le matin à Yakla, dans la province de Baïda, a indiqué le responsable yéménite.
Une fille de l'ancien prédicateur américano-yéménite Anwar al-Aulaqi, un chef propagandiste d'Al-Qaïda au Yémen, figure parmi les enfants tués, a indiqué un membre de sa famille.
Le nouveau bilan, qui inclut des morts saoudiens et égyptiens, a été confirmé par des sources tribales, selon lesquelles des personnes seraient encore sous les décombres des maisons visées par le raid.
Des drones et des hélicoptères Apache, munis de mitrailleuses lourdes, ont pris pour cible des repaires d'Al-Qaïda dans une école, une mosquée et un dispensaire, a indiqué le responsable qui a requis l'anonymat.
Des sources tribales ont fait état de l'implication de commandos et de soldats américains au sol.
Le chef local d'Al-Qaïda, identifié comme étant Abou Barzane et de nationalité étrangère, figure parmi les personnes tuées dans l'opération, a précisé le responsable.
Trois chefs tribaux alliés à Al-Qaïda ont également trouvé la mort dans des attaques contre leurs maisons, ont rapporté des sources tribales et locales, précisant qu'il s'agissait des frères Abdelraouf et Soltan al-Zahab et Saïf Alawai al-Jawfi.
Un troisième frère des al-Zahab, Abdel Ilah, aurait échappé au raid, selon des sources locales et tribales.
«Noura bent Anwar al-Aulaqi, agée de huit ans, a été tuée dans l'attaque à Yakla, où elle vivait chez son oncle», un membre de la tribu des Al-Zahab, a déclaré à l'AFP un membre de sa famille.
L'islamiste radical américain d'ascendance yéménite Anwar Al-Aulaqi avait été tué le 30 septembre 2011 par une attaque de drone américain au Yémen. Son fils, Abderrahmane, avait péri dans une attaque similaire deux semaines plus tard.
Durant le raid de dimanche, qui a duré plus de trois quarts d'heure, des combattants d'Al-Qaïda et leurs alliés tribaux ont «résisté à l'assaut américain en tirant à l'arme automatique», a indiqué une source tribale.
Al-Qaïda dispose de deux camps d'entraînement au moins à Yakla, une région montagneuse difficile d'accès, jouxtant Rada, fief du réseau djihadiste depuis de longues années, selon des habitants.
Le réseau extrémiste, bien implanté au Yémen où il a profité ces dernières années du chaos qui règne dans ce pays pauvre de la Péninsule arabique, est la cible d'attaques de drone américaines et parfois de commandos américains.
En décembre 2014, un otage américain et un autre sud-africain étaient morts au Yémen lors d'une opération commando ratée de l'armée américaine contre Al-Qaïda.
La CIA a mené sa première frappe de drone au Yémen en 2002, selon une étude de la Fondation New America publiée à la mi-2015.
Dans ce pays, les États-Unis ont lancé entre 2002 et la mi-2015 quelque 126 attaques aériennes par drones (ou plus rarement par avion), qui ont tué entre 737 et 972 militants extrémistes, et 87 à 93 civils, selon le décompte de la Fondation New America, avec un pic en 2012 à 56 attaques.
Un soldat américain tué
WASHINGTON - Un soldat américain a été tué et trois autres blessés au cours d'un raid contre Al-Qaïda au Yémen samedi, a annoncé l'armée américaine dimanche, revendiquant la mort de 14 combattants du groupe djihadiste.
Un responsable yéménite local a pour sa part évoqué la mort d'au moins 41 membres présumés d'Al-Qaïda, dont des chefs, ainsi que 8 femmes et 8 enfants.
Le soldat américain, dont l'identité n'a pas été révélée, est mort de ses blessures, précise le communiqué américain.
Le CENTCOM, le commandement régional en charge des opération dans la région, n'évoque pas de civils dans son communiqué et ne donne pas d'information sur l'importance des combattants tués. Il précise en revanche que "les informations qui ont été recueillies vont sans doute permettre de mieux connaître les plans de futures attaques terroristes".
Le CENTCOM a aussi indiqué qu'un «appareil militaire, qui participait à l'opération, a connu un atterrissage forcé et brutal non loin du lieu (du raid), blessant d'autres américains». Le communiqué n'apporte aucune précision sur le nombre de blessés ou la gravité des blessures.
Les témoins locaux ont évoqué un hélicoptère d'attaque Apache. Cet hélicoptère compte deux membres d'équipage: un pilote et un tireur.
L'appareil n'a pas pu redécoller après l'atterrissage et a donc été «intentionnellement détruit», précise le CENTCOM.