Des policiers se tiennent près du mausolée de l'ayatollah Khomeini à Téhéran, après une attaque de l'État islamique, mercredi.

L'EI revendique l'attaque en Iran

Daech (le groupe État islamique) a revendiqué, mercredi, les deux attentats perpétrés le jour même contre le parlement iranien et le mausolée du père de la Révolution islamique, qui ont fait au moins 12 morts et une quarantaine de blessés. 
Le chef de police de la capitale, Hossein Sajedinia, a annoncé l'arrestation de cinq suspects, selon ISNA, une agence de presse semi-publique. 
Ce massacre survient alors que des pays sunnites enhardis - notamment par l'appui du président américain Donald Trump - ont durci leur position face à l'Iran, dont la majorité des habitants appartiennent plutôt la branche chiite de l'islam.
Au cours des dernières années, Téhéran s'est impliqué dans la lutte contre Daech en Irak et en Syrie, sans jusque-là faire l'objet de représailles du groupe extrémiste. Les forces iraniennes ont également affronté des groupes sunnites appuyés par l'Arabie saoudite dans ces deux pays.
C'est d'ailleurs sur ce royaume arabe que les Gardiens de la Révolution - une puissante organisation paramilitaire iranienne - ont indirectement jeté le blâme des attaques de mercredi. Par communiqué, ils ont accusé l'Arabie saoudite de «constamment appuyer» les terroristes, qualifiant de «significatif» le court laps de temps entre les attentats et la visite de M. Trump en sol saoudien.
De son côté, le président américain a laissé entendre que l'Iran portait une certaine responsabilité pour l'attaque. Dans un communiqué, il a écrit que «les États qui soutiennent le terrorisme risquent de devenir victimes du mal dont ils font la promotion».
Les États-Unis considèrent l'Iran comme un État soutenant le terrorisme depuis 1984.
M. Trump a également affirmé que les États-Unis priaient «pour les victimes innocentes et pour le peuple iranien».
Un siège de plusieurs heures
L'assaut a commencé en milieu de matinée, quand des assaillants armés de fusils Kalachnikov ont attaqué le parlement, où une session législative était alors en cours. Le siège s'est étiré sur plusieurs heures et un kamikaze s'est donné la mort à l'intérieur, selon la télévision officielle iranienne.
Un journaliste de l'Associated Press a vu des tireurs d'élite de la police déployés sur les toits des édifices autour du parlement. Les commerces du secteur ont été fermés, pendant que des coups de feu retentissaient. Des témoins ont raconté que les auteurs de l'attaque tiraient sur les passants dans la rue, depuis le quatrième étage du parlement.
Pendant ce temps, d'autres kamikazes et assaillants ont attaqué le mausolée de l'ayatollah Khomeini, dans la banlieue sud de la capitale. Un gardien de sécurité y a perdu la vie.
Le ministre adjoint de l'Intérieur, Mohammad Hossein Zolfaghari, a rapporté la mort de six assaillants - quatre au parlement et deux à la tombe.
Nelly Lahoud, de l'Institut international pour les études stratégiques de Bahreïn, croit que les dirigeants de Daech cherchent ainsi à rallier des sympathisants malgré leur recul en Syrie et en Irak.
«Maintenant qu'ils ne peuvent plus maintenir la promesse d'un territoire, attaquer l'Iran est à leur avantage», expose l'experte en extrémisme.
Charlie Winter, du King's College à Londres, estime pour sa part que ces attaques pourraient susciter une réponse disproportionnée des autorités iraniennes en matière de lutte antiterroriste.