Les récentes déclarations de Donald Trump ont été fortement critiquées par les médias chinois.

Le ton monte entre la Chine et Trump

Le ton ne cesse de monter entre la Chine et le prochain président des États-Unis.
Un quotidien chinois officiel a déclaré lundi que Donald Trump est «aussi ignorant qu'un enfant», après que le président désigné eut déclaré qu'il réévaluait la relation entre les États-Unis et Taïwan - une des questions les plus épineuses entre les deux superpuissances.
Le Global Times, qui est contrôlé par le Parti communiste, réagissait aux commentaires de M. Trump, qui a déclaré lors d'une entrevue télévisée dimanche qu'il ne se sentirait pas obligé de respecter la politique de la Chine unique, «à moins que nous concluions une entente avec la Chine dans d'autres domaines, y compris le commerce».
Pékin bouillonnait toujours après que M. Trump et la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen eurent discuté au téléphone le 2 décembre; c'était la première fois en près de 40 ans que le président ou le président désigné des États-Unis s'entretenait ouvertement avec le leader taïwanais. La Chine considère que l'île autonome lui appartient et toute référence à un chef d'État taïwanais distinct représente une insulte grave.
Quelques heures après que Fox News Sunday eut présenté l'entrevue avec M. Trump, le Global Times a publié un éditorial intitulé : «Trump, écoute soigneusement : la politique de la "Chine unique" n'est pas négociable.» Dans le domaine de la diplomatie, «il [Trump] est aussi ignorant qu'un enfant».
La Chine avait fait preuve de retenue après que M. Trump eut envoyé deux messages sur Twitter après sa discussion avec Mme Tsai, le premier accusant Pékin de manipuler sa devise et de taxer les importations américaines, et le deuxième lui reprochant d'être responsable des tensions en mer de Chine méridionale. Le Global Times suggère maintenant à M. Trump de lire un livre sur les relations entre la Chine et les États-Unis et de cesser de chercher à l'intimider.
Mise en garde
Pékin a d'ailleurs mis en garde contre une détérioration de ses liens avec les États-Unis.
«Nous avons pris note des informations en question et sommes gravement préoccupés», a reconnu le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, à propos des nouvelles déclarations faites la veille par le président désigné des États-Unis sur la chaîne de télévision Fox.
Depuis le début du mois, ce dernier a multiplié les déclarations embarrassantes pour Pékin, qui avait pourtant semblé accueillir son élection avec bienveillance. Mais Pékin a lancé un premier avertissement lundi au nom de la défense du «principe de la Chine unique», celui-là même que Donald Trump a menacé dimanche de jeter aux orties.
Pékin impose la reconnaissance de ce principe à tout pays avec qui il entretient des relations diplomatiques. Cette formulation empêche toute indépendance formelle de l'île de Taïwan, séparée politiquement du continent depuis 1949 et que Pékin souhaite réunifier au reste de la Chine.
«Je ne sais pas pourquoi nous devons être liés à une politique d'une Chine unique, à moins que nous passions un accord avec la Chine pour obtenir d'autres choses, y compris sur le commerce», a estimé M. Trump.  Avec AFP
Trump va nommer son secrétaire d'État mardi
Rex Tillerson, le patron du géant pétrolier ExxonMobil, serait le favori pour être le prochain secrétaire d'État et devenir la voix de la diplomatie américaine.
Donald Trump va annoncer mardi le nom du futur chef de la diplomatie américaine, en pleines querelles sur les cyberattaques et interférences russes dans l'élection américaine et sur fond de tensions montantes avec la Chine.
«Je ferai mon annonce pour le prochain secrétaire d'État demain (mardi) matin», a écrit le milliardaire sur Twitter lundi soir. Il s'agit du dernier poste important de son administration qu'il n'a pas encore pourvu.
Une certitude : ce ne sera pas Mitt Romney, l'ancien gouverneur du Massachusetts, qui a annoncé son retrait de la course lundi soir. «Ce fut un honneur d'avoir été pressenti comme Secrétaire d'État de notre grand pays», a déclaré l'ancien candidat républicain à la présidence sur sa page Facebook, en qualifiant d'«agréables et instructives» ses discussions avec Donald Trump.
Selon CNN, Donald Trump l'aurait en fait appelé pour le prévenir qu'il ne serait pas nommé.
Selon les dernières rumeurs, Rex Tillerson, le patron du géant pétrolier ExxonMobil, tiendrait la corde pour occuper ce poste prestigieux et devenir la voix de la diplomatie américaine. M. Tillerson, 64 ans, entretient d'étroites relations d'affaires avec Vladimir Poutine, qui lui a remis en 2013 la décoration russe de l'ordre de l'Amitié.
Parmi les autres candidats potentiels figurent l'ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney, l'ancien chef de la CIA David Petraeus ou le respecté sénateur Bob Corker.
Le choix de M. Tillerson irait dans le sens de la volonté affichée par M. Trump, durant sa campagne, d'améliorer les relations entre les États-Unis et la Russie, mises à l'épreuve ces dernières années, notamment au sujet de la guerre en Syrie.
Mais ce candidat est loin de faire l'unanimité, y compris dans son camp : «Cet homme (Poutine) est un voyou et un assassin, je ne vois pas comment on peut être l'ami d'un ancien agent du KGB», a lancé le sénateur républicain John McCain sur CNN.
«Un ami de Vladimir»
«Être un ami de Vladimir n'est pas une caractéristique que j'espère chez un secrétaire d'État», a commenté son collègue Marco Rubio.
Deux prises de position qui n'augure pas d'un passage aisé devant le Sénat, qui devra confirmer cette nomination par un vote, ce qui requerra donc le concours de la plupart des républicains.
Or le Congrès, à majorité républicaine, va bien enquêter sur les cyberattaques et les interférences russes dans l'élection américaine, accentuant la pression contre Moscou alors même que Donald Trump tente de s'en rapprocher.
La CIA a conclu dans un rapport secret révélé vendredi par le Washington Post que la Russie était intervenue par ses cyberattaques dans la campagne électorale dans le but précis d'aider Donald Trump à être élu, et non dans le but plus général de troubler le bon déroulement de l'élection.
Mais le successeur de Barack Obama, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, rejette cette conclusion, jetant l'opprobre sur un service de renseignement à la réputation entachée par ses rapports erronés après le 11 septembre 2001 sur les liens entre Saddam Hussein et Al-Qaïda.
Donald Trump l'a dit à plusieurs reprises en interviews, et à nouveau lundi.
«À moins que vous ne preniez les pirates en flagrant délit, il est très difficile de déterminer qui a piraté. Pourquoi cela n'a-t-il pas été publié avant l'élection?» a-t-il écrit sur Twitter.
En octobre, les services de renseignement américains avaient collectivement accusé la Russie d'avoir piraté des partis politiques afin d'interférer dans le processus électoral.
«Les Russes ne sont pas nos amis», a déclaré le chef de la majorité du Sénat, Mitch McConnell, lors d'une conférence de presse.