Hassan Rohani

Le sommet de Riyad était un «show», selon l'Iran

Le sommet ayant réuni à Riyad les États-Unis, les pays arabes et des États musulmans et au cours duquel l'Iran a été vivement critiqué, a été un «spectacle» sans «aucune valeur politique», a déclaré lundi le président iranien Hassan Rohani.
«La réunion en Arabie saoudite était un show qui n'a aucune valeur politique, ni concrète, l'Arabie saoudite a déjà organisé de tels spectacles par le passé», a déclaré M. Rohani à Téhéran lors de sa première conférence de presse depuis sa réélection vendredi.
Il a rejeté les accusations de soutien au terrorisme formulées contre l'Iran par le président américain Donald Trump et le roi Salmane d'Arabie saoudite à l'ouverture dimanche du sommet, auquel la République islamique d'Iran n'a pas été conviée.
«Ceux qui ont lutté contre les terroristes sont les peuples irakien, syrien. Les conseillers militaires iraniens les ont aidés (...) et vont continuer à le faire», a affirmé M. Rohani, qui a également défendu le Hezbollah libanais.
«Ceux qui ont soutenu les terroristes ne peuvent pas les combattre», a accusé M. Rohani. «Je ne pense pas que le peuple américain oubliera le sang versé le 11-Septembre», a-t-il poursuivi.
Il faisant référence aux attentats de 2001 aux États-Unis, où 15 des 19 pilotes qui avaient détourné les avions ayant tué quelque 3.000 personnes étaient des Saoudiens.
«Vous ne pouvez pas résoudre le problème du terrorisme simplement en donnant à une superpuissance l'argent de votre peuple», a affirmé le président iranien faisant allusion à M. Trump.
Le président Trump a choisi l'Arabie saoudite, grand rival régional de l'Iran, pour son premier déplacement à l'étranger depuis son investiture en janvier.
Le président américain y a signé des contrats gigantesques d'un montant total de 380 milliards de dollars, dont 110 milliards consacrés à l'armement dans une région en proie à de nombreux conflits, notamment en Syrie, au Yémen et en Irak, où Téhéran et Riyad se livrent des guerres par procuration.
Tests de missiles
L'Iran continuera par ailleurs ses tests de missile tant que ce sera «nécessaire», a déclaré lundi le président Rohani après l'appel des États-Unis à les cesser.
«Sachez que lorsque nous aurons besoin techniquement de faire des tests de missile nous le ferons et nous ne demanderons la permission à personne», a dit M. Rohani.
Trump en remet
Le président des États-Unis Donald Trump a accusé avec force lundi, au premier jour de sa visite en Israël, l'Iran de soutenir les «terroristes» et a martelé la nécessité de faire en sorte que Téhéran n'ait «jamais» l'arme nucléaire.
«Les États-Unis et Israël peuvent affirmer d'une même voix que l'Iran ne doit jamais posséder une arme nucléaire, jamais, et qu'il doit cesser le financement, l'entraînement et l'équipement meurtrier de terroristes et de milices, et qu'il doit cesser immédiatement», a déclaré M. Trump lors d'une brève allocution en présence du président israélien Reuven Rivlin.
Selon le président républicain, qui effectue sa première visite au Proche-Orient, il y a une «prise de conscience croissante» parmi les pays arabes de le région qu'ils partagent une «cause commune» avec Israël par rapport à «la menace posée par l'Iran».
Quelques minutes plus tôt, le président israélien avait, lui aussi, dénoncé en termes virulents le comportement de Téhéran.
«Nous devons nous assurer (...) de ne pas nous réveiller dans un cauchemar, avec l'Iran, le groupe État islamique et le Hamas à nos frontières», a déclaré M. Rivlin. «Pour pouvoir rêver, nous devons nous assurer que l'Iran soit hors de nos frontières, hors de la Syrie, hors du Liban», a-t-il ajouté.