Le pape François, qui fête ses 82 ans ce lundi, a déploré «le phénomène lamentablement récurrent» des «exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires».

Le pape fustige «les exécutions» sans procès perpétrées par des États

CITÉ DU VATICAN — Le pape François s'est insurgé lundi contre «les exécutions» ordonnées dans certains États, complètement en dehors du circuit de la justice.

Recevant lundi en audience une délégation de la Commission internationale contre la peine de mort (basée à Madrid), le pape argentin, qui fête ses 82 ans ce lundi, a déploré «le phénomène lamentablement récurrent» des «exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires».

«Il s'agit d'homicides délibérés commis par des agents étatiques, que l'on fait souvent passer comme des affrontements avec des délinquants présumés ou comme une conséquence non voulue de l'usage raisonnable, nécessaire et proportionnel de la force pour protéger les citoyens», a-t-il critiqué, sans nommer des États précis.

Le pape a souligné que «la légitime défense, n'est pas un droit mais un devoir». Ainsi, «ceux qui détiennent une autorité légitime doivent repousser toute agression, y compris avec l'usage des armes, chaque fois que cela est nécessaire pour préserver leur propre vie ou celle d'autres personnes dont elles assurent la protection».

«Par conséquent, tout usage de la force létale qui n'est pas strictement nécessaire pour cette seule fin peut être considéré comme une exécution illégale, un crime d'État», a ajouté le souverain pontife.

Début août, le pape François avait inscrit pour la première fois dans le catéchisme de l'Église catholique (livre d'enseignement officiel contenant les principes de la foi) une opposition catégorique à la peine de mort et avait appelé l'Église à s'engager pour l'abolir «partout dans le monde».

L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International a recensé en 2017 au moins 2591 condamnations à mort dans 53 pays et près de 1000 exécutions (en excluant la Chine qui ne communique pas sur ses milliers de sentences). Plus de deux tiers des pays dans le monde ont cependant aboli la peine de mort en droit ou en pratique.

Le pape a appelé lundi les membres de l'Organisation des nations unies (ONU) qui ont décidé de respecter un «moratoire» sur les exécutions capitales de passer désormais à «l'abolition de cette forme cruelle de châtiment». «Le moratoire ne peut pas être vécu par le condamné comme une simple prolongation de l'attente de son exécution», a-t-il plaidé.

Le souverain pontife, très sensible au sort des détenus et au devoir de les réintégrer dans la société, est également opposé aux peines à perpétuité. Elles «enlèvent la possibilité d'une rédemption morale et existentielle» et «sont une forme de peine de mort cachée», a-t-il souligné lundi.