La décision du pape François a fait sourciller ses propres conseillers.

Le pape assouplit les sanctions contre des prêtres pédophiles

Le pape François a discrètement assoupli les sanctions à l'endroit de quelques prêtres pédophiles, faisant même sourciller ses propres conseillers.
Le pape a rejeté les recommandations de la Congrégation pour la doctrine de la foi à maintes reprises, mettant plutôt en oeuvre sa vision d'une Église miséricordieuse, ont confié à l'Associated Press deux avocats en droit canon et un représentant du Saint-Siège.
Le pape préfère ne pas réduire les prêtres à l'état laïc, les condamnant plutôt à une vie de prière et de pénitence, à l'écart du ministère public.
Dans certains cas, les agresseurs se seraient défendus en citant le pape lui-même et son discours de miséricorde.
Son prédécesseur, Benoît XVI, n'accordait que rarement ces demandes de clémence. De 2005   à 2013, il a laïcisé quelque 800 prêtres trouvés coupables d'avoir violé ou attouché sexuellement des enfants.
Saint Jean-Paul II, lui, avait fait l'objet de maintes critiques quant à sa gestion de ces crises, mais en 2002, il avait déclaré qu'»il n'y a pas de place pour la prêtrise ou la vie religieuse» chez ceux qui font du mal aux enfants. Le pape François dit pour sa part appliquer la «tolérance zéro», mais soutient que les prédateurs sexuels souffrent d'une «maladie» - un terme souvent employé par les avocats de la défense devant les tribunaux ecclésiastiques.
Marie Collins, membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, est consternée par cette indulgence. Ayant elle-même été agressée sexuellement par un prêtre, elle soutient que ceux-ci ne sont jamais malades au point de ne plus être conscients de leurs actes. «Ils peuvent résister à leurs inclinations», a-t-elle martelé.
Danger pour l'église
Or, les autorités ecclésiastiques, appuyées de certains avocats, avancent que laïciser les pédophiles pose un plus grand danger pour le public puisque l'Église n'est plus en mesure de les surveiller.
Marie Collins rétorque qu'il faut porter attention au signal qu'envoient des sanctions moindres aux victimes, de même qu'aux agresseurs.
Le pape François a rejeté la proposition de la Commission de créer un tribunal pour les évêques qui sabotent de telles causes et a tabletté une directive à l'intention des diocèses qui cherchent à protéger les mineurs.