Sarah Huckabee Sanders remplace Sean Spicer, qui a remis sa démission vendredi.

Le nouveau visage de la Maison-Blanche

À seulement 34 ans, Sarah Huckabee Sanders est devenue vendredi la nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche, un poste très exposé, où sa combativité sera mise à l'épreuve chaque jour.
Les Américains ont découvert l'accent du sud de cette grande femme brune, née dans la petite ville de Hope (espoir, en anglais), dès les débuts de l'administration de Donald Trump, en tant qu'adjointe du porte-parole Sean Spicer, qu'elle remplace après qu'il a remis sa démission vendredi.
Son nom, en revanche, est connu depuis longtemps. Elle est la fille d'une figure de la politique américaine : Mike Huckabee, ancien pasteur baptiste et gouverneur de l'Arkansas, candidat malheureux aux primaires présidentielles républicaines.
Petite, elle baignait ainsi déjà dans la politique grâce à son père, dont elle fut la directrice de campagne en 2016. Mike Huckabee est son héros politique, a-t-elle dit au magazine Time en 2010, sélectionnée dans une liste de 40 personnalités de moins de 40 ans.
Le Sanders de son nom vient de son mari; elle n'a rien à voir avec le sénateur du Vermont Bernie Sanders.
Elle avait rejoint en février 2016 l'équipe de Donald Trump, auprès de qui elle est progressivement montée en grade après la victoire, jusqu'à entrer à la Maison-Blanche, où ces derniers mois elle avait remplacé de plus en plus régulièrement Sean Spicer devant la presse.
Son modèle : Dieu
Son ton, au podium, est souvent sec, au besoin rentre-dedans. Elle n'hésite pas à remettre en cause les prémisses des questions des journalistes, ou à répondre qu'elle n'a pas consulté le président sur tel ou tel point et qu'elle ne peut donc pas répondre.
Mais elle sait aussi se faire désarmante en évoquant sa foi ou ses trois enfants. Ainsi de cette réponse en mai à une question sur le comportement et le langage du président sur Twitter. «En tant que croyante, nous n'avons qu'un seul modèle parfait, Dieu... Personne n'est parfait, un seul l'est».
Ou encore, vendredi, interrogée sur le supposé «chaos» à l'intérieur de la West Wing : «Si vous voulez voir du vrai chaos, venez chez moi tôt le matin quand mes trois enfants courent dans tous les sens».
Comme son père, elle manie donc l'humour, souvent pour tacler la presse. «Si le président marchait sur les eaux du Potomac [le fleuve qui traverse Washington], les médias écriraient qu'il ne sait pas nager», a-t-elle déclaré récemment, reprenant une plaisanterie du président Lyndon Johnson.
Pour l'instant, Sarah Sanders bénéficie d'un état de grâce, félicitée de tous les bords politiques.
«Félicitations à Sarah Huckabee. Nous sommes certes en désaccord politique, mais c'est toujours bien de voir une femme qui travaille dur devenir le visage de la Maison-Blanche», a déclaré l'ancienne directrice de la communication de Barack Obama, Jen Psaki, sur Twitter.
Mais comme Sean Spicer l'a appris à ses dépens, la lune de miel peut être bien courte dans une Maison-Blanche où le patron communique selon ses propres règles.