La victime est le Canadien John Ridsdel (au centre).

Le corps de l'otage canadien aurait été retrouvé aux Philippines

Des experts légistes philippins tentent de déterminer si le corps sans tête d'un homme blanc retrouvé par des villageois dans le sud du pays est celui de l'otage canadien qui a été décapité par des militants islamistes.
Des responsables militaires ont indiqué mercredi que le cadavre a été retrouvé sur les rives d'un ruisseau de montagne asséché près de la ville de Talipao, dans la province de Sulu, où des membres du groupe armé Abou Sayyaf ont exécuté John Ridsdel, un résidant de Calgary âgé de 68 ans.
Les militants avaient menacé de décapiter l'un des trois captifs masculins s'ils ne recevaient pas une rançon colossale réclamée avant 15h (heure locale) lundi.
Le premier ministre Justin Trudeau a condamné lundi le meurtre de M. Ridsdel, qui a été «commis de sang-froid».
M. Ridsdel avait été enlevé en compagnie d'un autre Canadien, Robert Hall, d'un Norvégien et d'une Philippine en septembre dernier dans une marina située sur l'île de Samal, dans le sud du pays.
Une vaste opération militaire impliquant des milliers de soldats a été lancée pour tenter de retrouver les militants, qui détiennent 22 autres otages étrangers.
Rançon
À l'issue de trois jours de retraite avec son cabinet au pied des Rocheuses en Alberta, M. Trudeau a été interrogé par les journalistes, mardi, sur l'exécution de M. Ridsdel après six mois de captivité.
Appelé à commenter sur la possibilité que le Canada paie la rançon pour libérer les deux autres otages - le Canadien Robert Hall et le Norvégien Kjartan Sekkinstad, qui est résident permanent au Canada - le premier ministre a tenu à mettre les choses au clair: le Canada ne paie pas et ne paiera pas les rançons.
Selon lui, celles-ci «constituent une source importante de financement pour les organisations terroristes, qui leur permet ensuite de continuer de perpétrer des actes violents et meurtriers contre des innocents à travers le monde».
Il a ajouté que cela encouragerait les terroristes à capturer plus de Canadiens. «Payer une rançon pour des Canadiens mettrait en péril la vie de tous les millions de Canadiens qui vivent, travaillent ou voyagent dans le monde chaque année», a-t-il tranché.
Questionné sur l'implication du Canada dans les négociations visant à libérer M. Ridsdel, M. Trudeau a répondu qu'il avait vu plusieurs articles «erronés» et «faux» dans les médias.