Pedro Sanchez (à gauche) a dressé un parallèle entre l’exil des Espagnols fuyant alors «le fanatisme et la brutalité» franquistes et les «vents de la xénophobie qui soufflent» actuellement «dans toute l’Europe».

Le chef du gouvernement espagnol inquiet par la xénophobie en Europe

ARGELÈS-SUR-MER — Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a mis en garde dimanche contre les «vents de la xénophobie» qui soufflent en France et en Europe, lors d’un hommage en France au demi-million d’Espagnols qui y trouvèrent refuge après la guerre civile.

«La xénophobie se répand partout en Europe», a constaté le dirigeant en pré-campagne pour les législatives du 28 avril, lors d’un discours prononcé sur la plage d’Argelès-sur-Mer, dans l’est des Pyrénées françaises, où avaient été parqués dans un camp, il y a 80 ans, des milliers de réfugiés républicains.

M. Sanchez a dressé un parallèle entre l’exil des Espagnols fuyant alors «le fanatisme et la brutalité» franquistes et les «vents de la xénophobie qui soufflent» actuellement «dans toute l’Europe».

«Les patries, qui depuis tant de décennies étaient des lieux de rencontre, deviennent à nouveau des lieux de conflit. Les frontières invisibles ont de nouveau des murs. Les ports ne permettent pas aux bateaux pleins de personnes affamées et malades d’accoster. Comme l’a dit Tony Judt dans son désormais célèbre livre : “Quelque chose ne va pas”», a poursuivi le dirigeant socialiste, qui brigue un nouveau mandat en Espagne, où le parti d’extrême droite Vox est en pleine expansion.

«Il n’y a pas de place pour l’indifférence. Nous ne pouvons pas détourner nos regards. Nous ne pouvons pas penser que l’antisémitisme, l’homophobie, la xénophobie et le nationalisme exclusif sont des vents insignifiants qui vont s’essouffler d’eux-mêmes», a-t-il ajouté.