Ilich Ramírez Sánchez, surnommé «Carlos le Chacal», était de retour devant la justice française à Paris, lundi.

«Le Chacal» revient devant la justice

Jadis le fugitif le plus recherché de la planète, l'homme surnommé «Carlos le Chacal» s'est présenté devant la justice française lundi concernant un attentat mortel perpétré à Paris en 1974, un moment que les familles des victimes attendaient depuis des décennies.
Ilich Ramírez Sánchez, qui est d'origine vénézuélienne, est accusé d'avoir lancé une grenade dans l'enceinte du restaurant Drugstore Saint-Germain, faisant deux morts et 34 blessés.
L'homme de 67 ans purge déjà une peine de prison à vie pour une série d'attaques et de meurtres qu'il aurait perpétrés ou orchestrés à travers la France, à la solde de militants palestiniens ou communistes dans les années 70 et 80.
Lors de l'ouverture du procès lundi, il a dénoncé une «manipulation grossière de la justice» 42 ans après les faits. Il a nié toute implication et plaidé non coupable.
Lorsque le tribunal lui a demandé sa profession, il a répondu «révolutionnaire professionnel» et assuré qu'il «se débrouille très bien derrière les barreaux» après 20 ans en prison.
Son procès pour meurtre prémédité, qui doit durer jusqu'au 31 mars, pourrait lui valoir une autre peine de prison à vie.
Au moment de l'attaque de 1974, Ramírez Sánchez était membre du Front populaire de libération de la Palestine. Il avait 24 ans, mais ne s'était pas encore doté d'une réputation internationale.
Son avocate de longue date et fiancée, Isabelle Coutant-Peyre, a déclaré qu'aucun témoin n'a aperçu son client sur les lieux et prétend que l'affaire a été fabriquée de toutes pièces.
Le dossier avait été rouvert, puis fermé faute de preuves, au moment de l'arrestation et de l'incarcération de Carlos. Ses avocats ont tenté à de maintes reprises de bloquer la tenue du procès en faisant valoir que l'attaque s'est produite il y a trop longtemps et que le suspect est déjà incarcéré pour le reste de ses jours.
Carlos a été arrêté au Soudan en 1994.