Les ambulanciers, qui portent ici secours à une femme, ont été anormalement occupés, cette année, lors du défilé des écoles de samba du carnaval de Rio, qui a été terni par plusieurs accidents tragiques.

Le carnaval de Rio gâché par des accidents en série

Une trentaine de blessés, un char qui percute une tribune, un autre qui s'effondre sous le poids des danseurs... Quelque chose ne tourne pas rond dans le défilé des écoles de samba du carnaval de Rio de Janeiro.
En 33 ans de festivités au sambodrome, stade en forme d'avenue bordée de gradins à ciel ouvert, jamais la fête n'avait été ternie de la sorte.
Auto-proclamé «le plus grand spectacle de la Terre», ce spectacle tout en strass et paillettes avait déjà été marqué par le passé par quelques incidents isolés, comme des chars prenant feu, mais les accidents en série de cette année remettent en cause la folie des grandeurs.
Au moins 32 personnes ont été blessées. Deux se trouvent toujours dans un état grave.
Les problèmes ont commencé dès le premier défilé, dimanche soir. Un char de l'école Paraiso do Tuiuti a perdu le contrôle à l'entrée de la piste de 700 mètres de long et 13 de large, écrasant une vingtaine de personnes contre une tribune.
Selon les médias brésiliens, une des roues du véhicule monumental était défectueuse et le chauffeur n'avait pas de vision frontale sur la piste, s'orientant seulement à l'aide d'assistants placés de chaque côté.
Le lendemain, nouveau moment de panique quand un char d'Uniao da Ilha connaît lui aussi des problèmes de direction et manque de percuter le studio de verre de la TV Globo, qui retransmet l'événement en direct.
La réaction épouvantée de la présentatrice a fait fureur sur les réseaux sociaux. L'incident n'a pas fait de victime.
Un groupe de danseurs d'Uniao da Ilha n'a pas eu la même chance. La partie supérieure d'un char s'est écroulée sous leur poids, faisant 12 blessés.
Faire preuve de bon sens
Malgré ces fausses notes, les défilés n'ont jamais été interrompus. Les ambulanciers devaient parfois se faufiler entre les danseurs costumés affluant à marche forcée pour éviter que leur école ne perde des points.
«Ce qui s'est passé est lamentable. J'espère qu'ils prendront les mesures nécessaires pour que ça n'arrive plus jamais. Les écoles de samba doivent faire preuve de bon sens, mais si ce n'est pas le cas, il faut prendre des mesures plus rigoureuses», explique à l'AFP Rosa Magalhaes, directrice artistique de l'école Sao Clemente.
«Le carnaval a connu une énorme croissance, mais les mesures de sécurité n'ont pas suivi cette évolution», a admis au journal O Globo Marcio Guimaraes, responsable des grands événements au sein du parquet de Rio.
«Nous ne pouvons pas dire qu'il s'agisse de faits isolés. Plusieurs accidents se sont produits, ce qui montre que les contrôles doivent être plus fermes», a-t-il déploré.
La Ligue indépendante des écoles de samba, qui organise les défilés, a annoncé qu'elle tiendrait une réunion pour «procéder à des ajustements».
Six mois après les Olympiques, ces couacs sont un rude coup pour l'image de marque de Rio, qui attire plus d'un million de touristes pour le carnaval.