Les pays signataires de la Convention d'Ottawa, en 1997, se sont engagés à éliminer les mines antipersonnel d'ici 2025.

Le Canada intensifie sa lutte aux mines antipersonnel

Le gouvernement canadien a annoncé lundi une aide supplémentaire pour éliminer les mines antipersonnel dans le monde, y compris en Syrie, à l'occasion du vingtième anniversaire de l'entrée en vigueur de la Convention d'Ottawa bannissant ces engins de guerre.

L'aide de 12 millions de dollars $ a pour but d'assurer le retour dans de meilleures conditions de sécurité des civils à Raqa, en Syrie, en détectant et en détruisant les mines antipersonnel que le groupe État islamique (EI) avait posées dans son ancien fief, repris en octobre par les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS), avec le soutien des frappes aériennes de la coalition internationale.

Les fonds vont aussi soutenir d'autres initiatives contre les mines antipersonnel en Ukraine, en Colombie, au Cambodge et au Laos, pays actuellement parmi les plus touchés dans le monde.

La Convention d'Ottawa, signée le 3 décembre 1997, a permis d'importants progrès dans la lutte contre ces mines, dont 51 millions ont depuis été détruites dans le monde, ouvrant la voie à la reconquête de terres agricoles dans plusieurs pays.

«Depuis l'entrée en vigueur de la Convention d'Ottawa il y a 20 ans, les mines terrestres ont causé beaucoup moins de blessures et de morts», a estimé Chrystia Freeland, ministre canadienne des Affaires étrangères.

Il «reste encore beaucoup à faire» pour débarrasser la planète de ces engins, a-t-elle toutefois souligné.

Les 162 États ayant ratifié la Convention d'Ottawa sur l'interdiction des mines antipersonnel s'engagent à les éliminer de la surface de la Terre d'ici 2025.

Les États-Unis, la Chine et la Russie ne sont pas signataires de la Convention, ni l'Inde ou le Pakistan.

La semaine dernière, l'ONG Handicap international s'est alarmée de la hausse du nombre de victimes de ces mines, disant craindre "un chiffre record" pour 2016.

Déjà en 2015, la hausse avait été très importante avec 75% de victimes en plus par rapport à 2014, soit 6461 personnes tuées ou blessées par des mines antipersonnel.

Ces chiffres restent tout de même bien en-deçà de ceux enregistrés avant l'entrée en vigueur de la Convention d'Ottawa, quand le nombre de victimes atteignait les 25 000 personnes par an.