Les civils qui ont eu la chance d'échapper à la mort célèbrent avec les soldats de la coalition, qui ont lancé l'assaut pour achever la libération de Mossoul.

L'assaut final lancé à Mossoul

L'armée irakienne a annoncé dimanche de nouvelles avancées à Mossoul face aux dernières centaines de djihadistes du groupe État islamique (EI) acculés dans la vieille ville au milieu de civils pris au piège des combats.
Huit mois après le lancement de l'offensive pour reprendre à l'EI son dernier grand bastion urbain en Irak, la victoire «n'est plus qu'une question de jours», a déclaré à l'AFP le général de brigade Nabil al-Fatlawi, un commandant des forces spéciales irakiennes (CTS).
Selon lui, «environ 300 combattants djihadistes, en majorité étrangers et venus notamment d'Europe, d'autres pays arabes et d'Asie» résistent encore aux forces armées qui se préparent à lancer l'assaut final.
Acculés sur la rive ouest du Tigre, et encerclés de l'autre côté par l'armée et la police, les djihadistes ne contrôlent plus qu'une bande d'environ 400 mètres entre les deux, a précisé le général.
Il ne s'est toutefois pas avancé sur la date exacte de la fin de la bataille, celle-ci restant difficile «à cause de l'étroitesse des rues et de la présence de civils», souvent utilisés comme boucliers humains par les djihadistes.
Plus tôt dimanche, l'armée a annoncé la reconquête par les CTS d'un autre quartier du Vieux-Mossoul, Makawi.
La veille, la police avait indiqué avoir repris, après des semaines de combats acharnés, un complexe comprenant un hôpital et d'autres installations médicales dans le quartier Al-Shifaa.
Plus de 500 combattants de l'EI avaient trouvé refuge dans ce qui était la dernière poche de résistance djihadiste hors de la vieille ville, selon la même source.
La plupart ont été tués, mais une petite partie a pu s'enfuir, a-t-elle ajouté.
Dans la vieille ville, les combats opposant l'armée et la police à l'EI restent âpres et sanglants.
Si les autorités irakiennes ne fournissent pas de bilans en termes de victimes, les opérations font chaque jour de nombreux morts, tant militaires que djihadistes ou civils.
À chacune de ses visites dans la vieille ville ces derniers jours, l'équipe de l'AFP a vu plusieurs dépouilles de djihadistes dans les rues et de soldats ramenés du front par leurs camarades.
Victimes collatérales
Des centaines d'habitants continuent à sortir chaque jour de la vieille ville au fur et à mesure des avancées des forces irakiennes.
Selon eux, les tireurs et les bombes djihadistes, comme les bombardements aériens de l'armée irakienne et de ses alliés occidentaux menés par les États-Unis ont fait de très nombreuses victimes civiles collatérales.
Les huit mois d'offensive intense sur la troisième ville d'Irak ont semé ruine et désolation.
Dimanche après-midi, dans un centre médical pour civils déplacés aux abords de la vieille ville, une équipe de l'AFP a croisé plusieurs membres d'une famille en partie décimée par une frappe aérienne.
«Neuf membres de notre famille ont péri sous les décombres», a raconté Chahed Omar, en tenant dans ses bras sa nièce de neuf mois, dont le père fait partie des victimes.
Le bébé était soigné pour malnutrition et déshydratation sévères, comme de nombreux enfants qui sortent de la vieille ville avec leurs familles après avoir été pris au piège des combats et s'être cachés dans des sous-sols pendant des semaines, voire des mois.
Jeudi, les forces irakiennes avaient repris les ruines de la mosquée al-Nouri, où le calife autoproclamé de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, avait fait son unique apparition publique en juillet 2014.
Cette avancée a représenté une victoire symbolique pour les forces irakiennes, même si les djihadistes ont dynamité ce célèbre joyau historique ainsi que le minaret penché adjacent surnommé «la tour de Pise irakienne».
L'EI, qui en 2014 avait saisi de larges pans de territoires en Irak et en Syrie, a depuis perdu 60 % de son territoire et 80 % de ses revenus.
Il contrôle toujours plusieurs zones dans les deux pays, où il continue de commettre des attentats dans les régions tenues par leurs gouvernements respectifs.
Dimanche, un kamikaze s'est fait exploser dans un camp de déplacés de la province d'Al-Anbar, tuant 14 personnes, selon un responsable de la police et un médecin.
L'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, mais il rappelle le mode opératoire de l'EI qui contrôle toujours des secteurs de cette vaste province frontalière de la Syrie, de la Jordanie et de l'Arabie saoudite.