Des policiers faisaient le guet devant la cathédrale Notre-Dame de Paris, mardi.

L'assaillant de Paris est doctorant et ancien journaliste

L'homme qui a attaqué des policiers avec un marteau près de la cathédrale Notre-Dame, à Paris mardi, est un doctorant et un ancien journaliste qui n'était pas soupçonné de radicalisation, selon des responsables universitaires et un porte-parole du gouvernement.
Aucun groupe n'a encore revendiqué l'attaque, mais les policiers qui ont fouillé la résidence de l'individu à Cergny-Pontoise, en banlieue de Paris, y ont trouvé un serment d'allégeance à Daech (le groupe armé État islamique), selon le bureau du procureur de Paris.
Plusieurs proches du suspect, Farid Ikken, se sont dits stupéfaits par ces événements. Son neveu, l'avocat Sofian Ikken, a dit être complètement mystifié, puisque son oncle avait précédemment témoigné de son dédain envers le groupe djihadiste.
«Je n'arrive tout simplement pas à comprendre ou à y croire, a-t-il dit par téléphone. On ne peut pas croire que Farid ait posé un tel geste. Tout le monde m'appelle pour me dire, 'On n'arrive pas à y croire. Ce n'est pas la personne que nous connaissons.'»
Le porte-parole gouvernemental Christopher Castaner a déclaré sur les ondes de la radio RTL, mercredi, que les policiers ont rapidement conclu à un «geste terroriste» en raison des propos de l'homme, qui a crié «C'est pour la Syrie!» avant de s'en prendre à un policier.
Un policier a été légèrement blessé et l'assaillant demeure hospitalisé après avoir été atteint par les balles de la police.
Le président de l'Université de Lorraine, Pierre Mutzenhardt, a affirmé à la radio France Bleu que l'homme comptait parmi ses étudiants et qu'il travaillait depuis 2014 à une thèse de doctorat sur les médias nord-africains. L'individu aurait précédemment travaillé comme journaliste en Afrique du Nord.
Le directeur de sa thèse, Arnaud Mercier, a dit au diffuseur BFM que le suspect parlait le suédois, l'arabe et le français, et que son curriculum vitae affirmait qu'il a travaillé comme journaliste en Suède et en Algérie.
«C'est quelqu'un qui croyait beaucoup aux idéaux démocratiques, à l'expression de la pensée libre, au journalisme, a affirmé M. Mercier. Rien, absolument rien, ne permettait de prédire qu'il serait un djihadiste prêt à tuer un policier au nom d'une cause quelconque.»
L'Associated Press a par ailleurs obtenu une vidéo tournée par des caméras de surveillance et qui montre l'attaque. On y voit l'assaillant agresser un policier avant de tomber sous les balles d'un autre agent.