Après la levée du siège de Deir Ezzor par l'État islamique, des habitants ont enfin pu recevoir de l'aide de la part des unités du Croissant-Rouge présentes sur place.

L'armée syrienne brise le siège de l'EI à l'aéroport de Deir Ezzor

L'armée syrienne a brisé samedi le siège imposé par le groupe État islamique (EI) sur un secteur gouvernemental au sud de la ville de Deir Ezzor en atteignant l'aéroport militaire, encerclé par les djihadistes depuis près de trois ans.
Une alliance de combattants arabes et kurdes a par ailleurs lancé samedi une offensive pour chasser l'organisation extrémiste des territoires qu'elle contrôle dans l'est de la province de Deir Ezzor, riche en pétrole et frontalière de l'Irak.
Des unités de l'armée syrienne, en coopération avec les forces alliées, ont brisé le siège de l'aéroport militaire et des quartiers attenants, à la périphérie sud de la ville, a rapporté l'agence officielle Sana.
Les forces venant d'un cimetière au sud-ouest de la cité ont fait la jonction avec les soldats qui défendaient l'aéroport.
Mardi, les forces du régime avaient déjà mis fin au siège d'une première enclave gouvernementale, dans l'ouest de la ville, dont les djihadistes contrôlent toujours environ 60 %.
«En brisant le siège de l'aéroport militaire, les forces du régime ont pu lier [ce secteur] aux quartiers gouvernementaux dans l'ouest de Deir Ezzor», a indiqué à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.
Des célébrations ont éclaté dans les quartiers tenus par le gouvernement, a rapporté Sana.
La possible perte de la province de Deir Ezzor devrait sonner le glas de la présence en Syrie de l'EI, déjà sur la défensive dans sa «capitale», Raqa, face à une alliance de combattants arabes et kurdes soutenue par Washington.
Nouvelle offensive
Déclenché en 2011 par la répression brutale de manifestations pacifiques réclamant des réformes, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de pays et milices étrangers et de groupes djihadistes sur un territoire morcelé.
Il a fait plus de 330 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.
La nouvelle victoire du régime intervient alors que l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) a annoncé une nouvelle offensive pour déloger les djihadistes de l'est de la province de Deir Ezzor.
Fer de lance de la lutte anti-EI dans la Syrie en guerre, les FDS tentent déjà de chasser les djihadistes de Raqa, dont elles ont déjà conquis plus de 65 %, dont la vieille ville.
«Nous diriger vers [la province] de Deir Ezzor est inévitable», a indiqué à l'AFP Ahmad Abou Khawla, chef du Conseil militaire de Deir Ezzor, un groupe armé rattaché aux FDS, à l'issue d'une conférence de presse.
«Nous entamons la première étape, pour libérer les régions à l'est de l'Euphrate, dans la province de Deir Ezzor», a-t-il précisé à Abou Fass, dans la province voisine de Hassaké située plus au nord.
«Nous avons progressé sur plusieurs kilomètres, grâce au soutien aérien de la coalition internationale», a ajouté M. Abou Khawla.
Éviter les accidents aériens
Les combats se concentrent dans un secteur désertique du nord-est de Deir Ezzor, selon l'OSDH. «Les combats se poursuivent et la coalition mène des frappes contre des positions djihadistes pour permettre la progression au sol des FDS.»
M. Abou Khawla a assuré à l'AFP qu'il n'y avait pas «de coordination avec le régime ou les Russes», alliés de l'armée syrienne, dans la bataille de Deir Ezzor.
Dans un communiqué, le porte-parole de la coalition internationale antidjihadistes, le colonel américain Ryan Dillon, a toutefois rappelé l'existence d'une «ligne de ''déconfliction'' avec les Russes» pour éviter tout accident aérien.
Cette ligne, tracée entre le nord et le sud du fleuve Euphrate, qui coupe la province de Deir Ezzor en deux, est selon lui «nécessaire, au vu de la congestion de l'espace aérien dans l'est syrien», où opèrent des avions syriens, russes et de la coalition.
«L'EI n'aura aucun refuge dans la vallée de l'Euphrate», a-t-il dit. «Nous continuons de soutenir nos partenaires des FDS alors qu'ils combattent pour libérer leurs terres de l'EI.»