Le président brésilien Jair Bolsonaro a donné son aval à un projet d’ouverture des terres indigènes à l’exploitation minière qui a été dénoncé comme un «cauchemar» par des écologistes et des chefs autochtones.

L’Amazonie selon Bolsonaro, un «rêve» qui fait cauchemarder

RIO DE JANEIRO — Nouvelle initiative pour construire l’Amazonie «de ses rêves», le président brésilien Jair Bolsonaro a donné son aval à un projet d’ouverture des terres indigènes à l’exploitation minière qui a été dénoncé comme un «cauchemar» par des écologistes et des chefs autochtones.

Autre mesure hautement controversée : la nomination d’un missionnaire évangélique à la tête du département en charge des indigènes isolés de la Funai, agence publique des affaires autochtones. De quoi concilier les intérêts de deux des principaux alliés de Bolsonaro : les évangéliques ultra-conservateurs et le lobby de l’agronégoce.

«J’espère que ce rêve va se concrétiser», a déclaré le chef de l’État jeudi soir, au moment d’apposer sa signature sur le projet de loi qui sera soumis prochainement au vote du Congrès.

Mais son point de vue est loin de faire l’unanimité chez les leaders indigènes. «Bolsonaro, ton rêve est notre cauchemar. Il est synonyme d’extermination, parce que l’orpaillage amène la mort, les maladies, la misère, et prive nos enfants de tout avenir», a réagi jeudi Sonia Guajajara, coordinatrice de Assemblée des peuples indigènes du Brésil (APIB).

Le fait que le président d’extrême droite continue à oeuvrer avec insistance pour imposer sa vision de l’Amazonie montre que les critiques de la communauté internationale au sujet de la recrudescence des incendies de forêts et de la déforestation n’ont pas eu le moindre effet.

Ces dernières semaines, plusieurs diplomates étrangers, notamment européens, ont été invités par le gouvernement, qui a tenté de les convaincre des bienfaits du nouveau projet de loi. «Le Parlement va subir des pressions des écologistes. Si je pouvais, j’aimerais confiner ces écologistes au beau milieu de l’Amazonie [...] pour qu’ils arrêtent d’embêter les peuples amazoniens depuis la ville», a ironisé Jair Bolsonaro.

Le projet de loi qui fait grincer les dents de nombreux leaders indigènes est présenté comme un amendement à l’article 231 de la Constitution. Cet article porte notamment sur l’exploration des richesse minérales et du potentiel hydroélectrique dans les terres réservées aux autochtones.

D’après le gouvernement, l’absence de règles claires est source d’«insécurité juridique» et encourage par ailleurs les activités illégales.
Le nouveau texte prévoit notamment «le paiement d’indemnisations aux communautés indigènes» si une partie de leurs terres venait à être utilisée par des personnes venues de l’extérieur.