Casques blancs et combinaisons vertes, des volontaires, ont chargé des dizaines de caisses à bord de deux gros hélicoptères de fabrication russe à destination des îles d’Ibo (13 000 habitants) et Quissanga (50 000 habitants).

L’aide aux sinistrés encore retardée au Mozambique

PEMBA, Mozambique — Les fortes pluies qui continuent de s’abattre sur l’extrême-nord du Mozambique dans la foulée du passage du cyclone Kenneth ont une nouvelle fois fait dérailler mardi les efforts des secours pour venir en aide à des milliers de sinistrés toujours isolés.

Casques blancs et combinaisons vertes, des volontaires, ont chargé des dizaines de caisses à bord de deux gros hélicoptères de fabrication russe à destination des îles d’Ibo (13 000 habitants) et Quissanga (50 000 habitants).

«La priorité est de livrer l’aide à Ibo parce que nous n’avons pas encore été en mesure de nous y rendre», a expliqué une porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), Deborah Nguyen, sur le tarmac de l’aéroport de Pemba.

Après avoir d’abord annoncé qu’un des deux aéronefs, chargé de quatre tonnes de vivres, avait pu décoller pour Quissanga, le PAM a finalement indiqué que l’opération avait été annulée.

«En raison du mauvais temps, les deux hélicoptères Mi-8 ont dû annuler leurs vols, ce qui a retardé la livraison d’aide aux communautés isolées», a indiqué l’agence onusienne.

Kenneth a touché jeudi la province du Cabo Delgado avec des vents approchant les 300 km/h et de très fortes pluies, six semaines à peine après le passage dévastateur à un millier de kilomètres plus au sud du cyclone Idai.

Kenneth est considéré comme l’un des cyclones les plus puissants ayant frappé le continent africain.

En première ligne, Ibo et Quissenga ont subi d’énormes dégâts. Près de 90 % des habitations y ont été détruites, selon l’ONU.

Mi-mars, Idai avait frappé de plein fouet la deuxième ville du pays Beira (centre), avant de continuer sa route au Zimbabwe. Ce cyclone a provoqué la mort d’un millier de personnes et fait des centaines de milliers de sans-abri dans ces deux pays.

Bilan en hausse

Le porte-parole du gouvernement mozambicain Arlindo Chilundo a indiqué mardi que Kenneth avait fait 41 morts.

Entre quatre et sept personnes ont par ailleurs trouvé la mort dans un quartier de Pemba, la capitale de la province du Cabo Delgado, après l’effondrement à cause des pluies d’une décharge sauvage qui a enseveli plusieurs maisons.

Selon l’Institut mozambicain de gestion des situations d’urgence (INGC), le cyclone a également détruit ou endommagé près de 35 000 habitations. Les fortes précipitations qui accompagnent le passage de Kenneth depuis la semaine dernière ont causé d’importantes inondations à Pemba, qui compte 400 000 habitants, et dans ses environs.

Selon les chiffres fournis par les autorités mozambicaines aux ONG et à l’ONU, jusqu’à 200 000 habitants de Pemba sont menacés par la montée des eaux.

«Nous attendons encore plus de pluies dans les jours qui viennent, ce qui va aggraver les inondations, endommager d’autres routes et rendre la distribution de l’aide humanitaire encore plus difficile», a averti un responsable du PAM, Hervé Verhoosel.

«Dans les endroits les plus touchés, les gens ont tout perdu, y compris leurs habitations et leurs sources de subsistance, comme le produit de la pêche [...] et les cocotiers qu’ils utilisent pour leurs habitations», a-t-il ajouté.

Avant de toucher le Mozambique, Kenneth a causé de gros dégâts sur l’archipel des Comores, où il a fait au moins trois morts et endommagé ou détruit 75 000 maisons. Le cyclone a aussi détruit près des deux-tiers des cultures vivrières dans ce pays pauvre de l’océan Indien.