Vendredi après-midi, un homme de 26 ans a attaqué des gens qui faisaient leurs courses ou se promenaient dans une rue très commerçante d'un quartier du nord de Hambourg, faisant un mort et six blessés.

L'agresseur au couteau de Hambourg connu comme islamiste

L'agresseur au couteau de Hambourg était connu comme islamiste et avait montré des signes de radicalisation, ont révélé samedi les autorités allemandes, mais ses motivations restent incertaines car il était aussi instable psychologiquement.
Si les enquêteurs cherchent encore à percer les raisons précises de ce que le maire de Hambourg a qualifié d'«attentat odieux», le débat sur l'accueil des migrants, lui, a repris en Allemagne car l'assaillant est un demandeur d'asile débouté.
Vendredi après-midi, l'homme a attaqué des gens qui faisaient leurs courses dans une rue très commerçante d'un quartier du nord de Hambourg.
Le bilan s'établit à un mort et six blessés, cinq hommes et une femme, dont certains grièvement.
«Il était connu comme islamiste mais pas comme jihadiste», a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur de la ville-État de Hambourg, Andy Grote.
L'homme de 26 ans, un Palestinien né aux Emirats arabes unis arrivé en mars 2015 en Allemagne depuis la Norvège, était considéré comme "un cas suspect" suite à «des éléments montrant une radicalisation» religieuse.
«Changement»
«Pendant le dernier ramadan il a acheté des vêtements islamistes et lisait le Coran dans sa chambre a voix haute», a raconté à l'AFP son voisin de chambre, Mohamad, 31 ans.
Il s'était aussi rendu dans une université de la ville «pour faire des prêches, il criait aux étudiants qu'on tuait des musulmans, il parlait de la situation en Palestine», a-t-il ajouté.
Mais dans le même temps, les autorités de Hambourg ont mentionné une «instabilité psychologique» chez l'homme. Au final il n'est pas encore possible de savoir «lequel des éléments a constitué l'élément déclencheur», a souligné M. Grote.
Le ministre fédéral de l'Intérieur Thomas De Maizière, proche de la chancelière Angela Merkel, a appelé dans ce contexte à ne pas tirer de conclusions hâtives, alors que la droite nationaliste de l'AfD s'est empressée de mettre en cause «l'islam» à Hambourg.
«Il faut s'attendre à ce que l'idéologie jihadiste soit utilisée comme justification pour des actes qui ont d'autres motivations» et trouvent leur origine peut-être «dans la personnalité» des auteurs, a-t-il dit.
Malgré les doutes sur la santé mentale de l'homme, la justice de Hambourg a décidé samedi de le placer en détention à l'issue de sa garde à vue et non de le faire interner en hôpital psychiatrique.
«Aucun élément tangible» n'a été identifié pour permettre d'atténuer sa responsabilité, a indiqué la porte-parole du parquet local Nana Frombach.
L'homme a parlé de son parcours mais a refusé de s'exprimer sur les motivations de son acte, a-t-elle souligné auprès de l'agence de presse dpa.
Vendredi, il a fait irruption dans un supermarché, s'est emparé dans un rayon d'un couteau de cuisine et a poignardé mortellement un Allemand de 50 ans. Il a ensuite blessé deux autres clients à l'intérieur du magasin puis quatre autres dans la rue, en criant «Allah Akbar» (Dieu est le plus grand) sur son passage.
«Cauchemar»
«Les courses pour le week-end de nombreux Hambourgeois ont tourné au cauchemar», a résumé le ministre de l'Intérieur.
Ce sont finalement des passants qui se sont lancés à sa poursuite et ont réussi à le maîtriser. Angela Merkel a salué «leur courage citoyen».
Sur le plan politique, les interrogations autour des migrants ressurgissent dans le pays, qui a accueilli plus d'un million de demandeurs d'asile depuis 2015. Angela Merkel se voit depuis accusée par la droite nationaliste d'avoir fait entrer des jihadistes en puissance en Allemagne.
«Que faisait encore cet homme en Allemagne?», demandait samedi le quotidien Bild, le plus lu du pays.
Débouté de sa demande, l'agresseur de Hambourg n'avait pu être reconduit à la frontière faute de papiers en règle.
Politiquement, ce point est délicat pour les autorités allemandes, dans un contexte chargé du fait de la proximité des élections législatives du 24 septembre, où Angela Merkel briguera un quatrième mandat.
Le lien a commencé en effet à être fait en Allemagne avec l'attentat jihadiste au camion-bélier contre le marché de Noël à Berlin en décembre (12 morts).
Il avait été commis par un demandeur d'asile tunisien, Anis Amri, qui était dans une situation juridique identique.
Le débat sur les réfugiés repart en Allemagne
Chandelles rendant hommage aux victimes de l'attentat de Hambourg.
Les dommages politiques collatéraux émergent déjà après l'agression au couteau commise vendredi dans une rue commerçante de Hambourg.
Le maire de Hambourg, Olaf Scholz, a révélé en effet que l'auteur de ce qu'il a dénoncé comme un «attentat odieux» était un demandeur d'asile débouté, qui n'avait pu être reconduit à la frontière faute de documents en règle.
«Ce qui me rend encore plus en colère est que l'auteur est manifestement quelqu'un qui cherchait refuge en Allemagne et qui a détourné sa haine contre nous», a-t-il dit vendredi soir.
«Il s'agit manifestement d'un étranger en instance de départ, mais qui ne pouvait pas être expulsé parce qu'il n'avait pas de documents d'identité», a-t-il regretté.
Politiquement, ce point est très délicat pour les autorités allemandes.
Le débat autour des migrants, qui a empoisonné longtemps Angela Merkel à la suite de sa décision controversée d'ouvrir les portes du pays à plus d'un million de réfugiés en 2015, risque donc de ressurgir. Et ce alors que la chancelière conservatrice pensait en être débarrassée à l'orée des élections législatives du 24 septembre.