Kim Jong-Nam en 2001

L'agent neurotoxique VX découvert sur le cadavre du demi-frère de Kim Jong-Un

L'agent neurotoxique le plus mortel utilisé comme arme chimique, le VX, a été détecté sur le visage du demi-frère du dirigeant de la Corée du Nord assassiné la semaine dernière à Kuala Lumpur, a annoncé vendredi la police malaisienne.
Des traces de VX, une version plus mortelle du gaz sarin, ont été retrouvées dans des échantillons prélevés sur le visage et les yeux de Kim Jong-Nam, qui avait été attaqué par deux femmes à l'aéroport international de Kuala Lumpur le 13 février.
La substance a été identifiée comme du S-2-diisopropylaminoéthyl-méthylphosphonothioate d'éthyle, selon une analyse préliminaire réalisée par le Centre d'analyse d'armes chimiques malaisien, a précisé la police.
Le VX est le plus puissant de tous les agents neurotoxiques et il est utilisé uniquement comme arme chimique, selon le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies.
Des images de vidéosurveillance de l'aéroport de Kuala Lumpur largement diffusées dans les médias montrent que Kim Jong-Nam a été approché par deux femmes qui semblent lui projeter quelque chose au visage.
L'homme âgé de 45 ans a ensuite été pris en charge par du personnel de l'aéroport et transporté d'urgence à l'hôpital. Il a succombé pendant son transfert.
Depuis le début de cette affaire digne d'un roman d'espionnage, la Corée du Sud pointe du doigt son voisin du Nord, citant un «ordre permanent» du dirigeant Kim Jong-Un pour éliminer son demi-frère Kim Jong-Nam, un critique du régime le plus fermé au monde.
Séoul condamne
L'utilisation du VX, un agent neurotoxique interdit, pour assassiner en Malaisie le demi-frère du dirigeant nord-coréen constitue une violation des traités internationaux, a estimé vendredi la Corée du Sud.
«Nous sommes choqués par les dernières révélations des autorités malaisiennes selon lesquelles le VX a été utilisé pour tuer Kim Jong-Nam», a déclaré dans un communiqué le ministère sud-coréen des Affaires étrangères, pointant «une violation patente de la Convention sur les armes chimiques et d'autres normes internationales».