La tempête Harvey fait 2 morts et beaucoup de dégâts

La tempête tropicale Harvey a dévasté samedi résidences et commerces le long de la côte, mais aussi à l'intérieur des terres du Texas, et a déchargé des quantités extraordinaires de précipitations, tuant au moins deux personnes et en blessant jusqu'à 14.
Ses pluies torrentielles pourraient générer des inondations «catastrophiques».
Samedi soir, les autorités ignoraient l'ampleur des dégâts, car les conditions météorologiques empêchaient les équipes d'urgence de se rendre dans les endroits les plus touchés.
La tempête pourrait continuer pendant plusieurs jours, et la quantité de pluies pourrait atteindre jusqu'à 100 cm par endroits.
Même si la puissance de Harvey a décliné tout au long de la journée, il s'est avéré meurtrier. Au moins une personne a péri dans la ville de Rockport, a confirmé un juge texan.
Une femme est décédée après avoir été piégée dans sa voiture.
Gary Norman, un porte-parole du centre d'opérations d'urgence de Houston a déclaré samedi soir que la femme avait quitté son véhicule qui était coincé dans l'eau.
Elle a été trouvée par des voisins, à environ 30 mètres de son véhicule.
Le maire de Houston, Sylvester Turner, a exhorté les gens à ne pas quitter leur domicile, car a-t-il dit: «les rues sont traîtres».
Les Texans doivent donc surveiller les inondations, mais aussi les tornades, qui sont nombreuses, selon Véronique Lamarche Samson, une Québécoise qui vit à Houston et qui a vu une tornade dévaster son quartier samedi après-midi, arrachant notamment le toit de la maison d'un voisin et déracinant des arbres dans sa cour arrière. Pendant les prochains jours, elle gardera prêt d'elle son téléphone intelligent pour ne rater aucune alerte de tornade.
«Il faut vraiment surveiller les avertissements de tornade sur nos téléphones. Lorsque l'application nous dit d'aller nous cacher, il faut aller sous les escaliers ou alors dans un endroit où il n'y a pas de fenêtre. Il faut aussi se mettre un oreiller près du visage pour se protéger.»
Pluies torrentielles
En après-midi, le Centre national des ouragans des États-Unis, à Miami, a signalé qu'il s'agissait dorénavant d'une tempête tropicale, mais que ses pluies torrentielles pourraient tout de même générer des inondations «catastrophiques».
En soirée, le Centre a indiqué que la tempête dérivait sur le sud-est du Texas et qu'elle avait maintenant des vents soutenus de 65 km/h et qu'elle se déplaçait seulement qu'à 1,6 km/h, continuant de verser de la pluie le long de la côte, y compris à Houston.
Les météorologues attendent jusqu'à un mètre de précipitations d'ici mercredi, et certaines régions avaient déjà un reçu un demi-mètre samedi.
L'ouragan - le plus puissant de la dernière décennie aux États-Unis - a touché terre vers 22h, heure locale, vendredi, à près d'une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Corpus Christi. Sa force est passée de catégorie 4 à 1 sur une échelle de 5 au cours de la nuit, alors que ses vents avaient ralenti à 144 km/h.
Malgré tout, Harvey a laissé dans son sillage d'importants dégâts.
À Corpus Christi, l'aube a révélé des arbres, des lampadaires et des tuiles de toiture au sol. Les services d'urgence ont vu leur tâche compliquée par ces débris jonchant les routes.
Le maire de Rockport, Charles Wax, a rapporté la destruction de plusieurs maisons et commerces, faisant état d'une «dévastation répandue». Les communications d'urgences ont été embrouillées par une panne du réseau cellulaire, a-t-il ajouté.
Quelques centaines de milliers de personnes sont privées d'électricité au Texas. À 17h, le nombre de pannes était inférieur à 300 000, selon une porte-parole de l'Electric Reliability Council of Texas.
Des dizaines de milliers de résidents du Texas, notamment de Houston, la quatrième plus grande ville des États-Unis, ont fui leur domicile pour ne pas avoir à affronter les intempéries.
Sur la trajectoire de l'ouragan se trouvent des usines chimiques, des raffineries pétrolières et des régions particulièrement vulnérables aux inondations.
Scénario catastrophe
Dans le pire des scénarios, Harvey pourrait longer la côte pendant plusieurs jours et maintenir suffisamment de force pour demeurer une tempête tropicale. L'ouragan pourrait retourner dans les eaux chaudes du golfe du Mexique, qui l'alimentent, et frapper à nouveau la région de Houston et de Galveston plus tard cette semaine.
Patrick Dunn, un Trifluvien établi à Corpus Christi, craint cette éventualité.
Sa famille et lui sont partis trouver refuge dans un hôtel d'Austin, où ils comptent rester au moins jusqu'à lundi.
«On l'avait déjà vécu dans nos premières années ici, et puis on s'en sortait toujours assez bien, a-t-il raconté. Cette année, on l'a eu presque en pleine gueule. On a placardé les fenêtres, essayé de ramasser les grills, les tables, les chaises, les accessoires de piscine dehors.»
«J'ai un voisin un peu plus redneck que moi [qui est resté], qui est bien équipé. Lui, il avait des génératrices et ainsi de suite», a-t-il poursuivi, en entrevue avec La Presse canadienne.
Sa fille, Sarah Dunn, fréquente l'Université Texas A&M, où la rentrée a été annulée.
Elle a bien peur que le pire reste à venir.
«C'est vraiment épeurant. On entend toujours des affaires sur des ouragans qui causent des dommages, a-t-elle lancé. Tu ne penses jamais que ça va t'arriver, c'est irréel.»
Elle souligne que certains de ses amis ayant eux aussi abandonné leur domicile ont mis huit heures à faire un trajet d'une durée habituelle de deux heures, jeudi, alors que plusieurs ont pris la route pour fuir la trajectoire de Harvey.
En entrevue vendredi, la Québécoise Marie-Ange Saint-Laurent a dit avoir elle aussi tenté d'éviter la tempête.
Elle venait alors de quitter Houston, où régnait une ambiance de chaos.
«C'était vraiment stressant, je suis allée dans un supermarché pour faire des provisions et j'ai réussi à mettre la main sur la dernière caisse de bouteilles d'eau, a-t-elle raconté. Et sur la route, il y a une ambiance de panique, les gens se coupent la route, et il y a des accidents un peu partout, les gens sont en mode survie.»