Dans un vote à 308 contre 3, la Douma a décidé vendredi d'éliminer la responsabilité criminelle des coups portés aux membres de la famille s'ils ne sont pas blessés, la remplaçant plutôt par une amende ou une incarcération de 15 jours.

La Russie décriminalise partiellement la violence domestique

Les Russes pourront bientôt battre leurs proches à volonté - pourvu qu'ils ne les blessent pas.
La chambre basse du Parlement russe a donné vendredi son accord final à une loi qui dépénalise certaines formes de violence familiale, une décision qui provoque d'intenses discussions sur la place publique.
Dans un vote à 308 contre 3, la Douma a décidé vendredi d'éliminer la responsabilité criminelle des coups portés aux membres de la famille s'ils ne sont pas blessés, la remplaçant plutôt par une amende ou une incarcération de 15 jours.
La loi devra maintenant être approuvée par la chambre haute, ce qui n'est qu'une formalité, et signée par le président Vladimir Poutine, qui a témoigné de son accord.
Les détracteurs de la loi craignent que certains n'en profitent pour battre femmes et enfants en toute impunité, tandis que ses partisans rappellent qu'elle prévoit toujours une responsabilité criminelle pour les récidivistes.
La loi a été modifiée en réponse à ceux qui estimaient qu'elle aurait pu empêcher les parents de donner la fessée à leurs enfants.
Un sondage publié récemment démontre que 19 pour cent des Russes croient qu'il «peut être acceptable» de frapper sa femme, son mari ou ses enfants «dans certaines circonstances».
La police russe hésite souvent à intervenir dans les histoires de violence familiale. Les procureurs ont ouvert en novembre une enquête concernant une femme qui a été battue à mort par son petit ami. La femme avait apparemment appelé les policiers pour demander de l'aide, mais ceux-ci lui auraient répondu qu'ils ne se déplaceraient que si elle était tuée.