L'issue du vote parlementaire a été accueillie par une explosion de joie.

La présidente de la Corée du Sud dépouillée de ses pouvoirs

La présidente de la Corée du Sud, Park Geun-hye, a été dépouillée de ses pouvoirs vendredi.
La présidente Park Geun-Hye et le premier ministre Hwang Kyo-Ahn arrivent à une réunion d'urgence après le vote dépouillant la présidente de ses pouvoirs.
Une motion des députés réclamant sa destitution a été adoptée et lui a été remise.
La suspension des pouvoirs de Mme Park fait en sorte que la présidence du pays se retrouve provisoirement entre les mains du premier ministre Hwang Kyo-ahn.
La Cour constitutionnelle décidera d'ici 180 jours si elle met officiellement fin ou non à la présidence de Park Geun-hye qui a débuté il y a près de quatre ans.
Les procureurs soupçonnent Mme Park d'avoir fermé les yeux sur les activités criminelles d'une collaboratrice de longue date, Choi Soon-sil. La presse sud-coréenne rapporte que la femme de 60 ans tirait les ficelles en coulisses et qu'elle a incité des entreprises à donner des millions de dollars à deux fondations qu'elle contrôle. Elle aurait ensuite utilisé ces fonds à des fins personnelles et pour préparer la retraite de Mme Park.
Mme Park a jusqu'ici refusé de rencontrer les procureurs.
Les organisateurs d'une manifestation affirment que quelque 10 000 personnes s'étaient rassemblées devant l'Assemblée nationale pour réclamer la destitution de Mme Park. Plusieurs avaient dormi à la belle étoile après être arrivées d'autres villes. Des échauffourées ont éclaté entre manifestants et policiers, mais l'issue du vote parlementaire a été accueillie par une explosion de joie.
Le premier ministre Hwang a immédiatement placé les forces armées du pays sur un pied d'alerte, en prévision d'une éventuelle provocation de la part de la Corée du Nord. Tout semblait toutefois calme de l'autre côté de la frontière.
Mme Park sera officiellement chassée de la présidence si six des neuf juges du tribunal constitutionnel tranchent en faveur de sa destitution.
234 contre 56
Le président de l'Assemblée nationale, Chung Sye-kun, a révélé que 234 parlementaires ont voté pour la destitution de Mme Park, contre 56 qui s'y sont opposés. Sept votes étaient invalides et deux députés se sont abstenus. De nombreux membres du parti de Mme Park se sont ralliés à la motion de l'opposition, qui a donc été adoptée par nettement plus que les deux tiers des représentants requis.
Le taux d'approbation de Mme Park a plongé sous la barre des 5 pour cent, un niveau d'impopularité sans précédent depuis que la Corée du Sud a renoué avec la démocratie à la fin des années 1980.
Le vote en faveur de sa destitution a été applaudi par des proches des quelque 300 personnes qui ont perdu la vie lors d'un naufrage en 2014 et qui blâment entre autres la catastrophe sur l'incompétence et la corruption de son gouvernement.
Mme Park a reconnu que Choi Soon-sil a édité certains de ses discours et fourni une aide au chapitre des relations publiques, même si elle ne détenait aucun poste gouvernemental. Les médias sud-coréens spéculent que Mme Choi aurait eu accès à des informations confidentielles et joué un rôle beaucoup plus important au sein du gouvernement.
Mme Park nie toute implication dans les activités criminelles de Mme Choi.
Mme Choi est la fille de feu Chae Tae-min, le leader d'un culte religieux qui aurait pris Mme Park sous son aile après l'assassinat de sa mère en 1974. Le père de Mme Park, l'ancien dictateur Park Chung-hee, a quant à lui été assassiné en 1979. Mme Park a reconnu que Mme Choi est une amie qui l'a aidée dans le passé.