La foule transporte le cercueil d'une des 44 victimes des attentats-suicides de samedi à Istanbul.

La police turque arrête plus de 200 personnes

Les autorités turques ont procédé à plus de 200 arrestations, lundi, à la suite des attentats-suicides qui ont tué 44 personnes près d'un stade d'Istanbul, au cours de la fin de semaine.
Les arrestations ciblaient principalement des membres d'un parti politique kurde qui était déjà visé par une vaste répression du gouvernement.
L'attaque de samedi - la plus meurtrière à frapper Istanbul cette année - a été revendiquée par un groupe kurde qui dit avoir voulu venger les actes de violence dont est victime la minorité kurde dans le sud-est de la Turquie.
Les autorités turques blâment le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) - une formation bannie du pays - pour les attentats de samedi. Une branche peu connue du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan, s'est dite responsable des attentats par l'entremise d'un site Web dont l'accès est bloqué en Turquie.
Le président du groupe américain de conseillers en risques Sidar Global Advisers, Cenk Sidar, croit que l'attaque de samedi survient «assurément» en réponse à la répression exercée par la Turquie envers le peuple kurde.
L'expert craint que le PKK ne prenne l'habitude de perpétrer d'autres attaques du même genre, lesquelles représentent «de faibles coûts» pour le groupe et sont hautement dévastatrices.
Le ministre turc de l'Intérieur, Suleyman Soylu, a affirmé lundi que plus de 235 personnes issues de 11 villes différentes avaient été arrêtées et restaient détenues. Selon des reportages de médias turcs, la plupart d'entre elles étaient membres du Parti démocratique des peuples (HDP), une formation politique prokurde qui a fait son entrée au Parlement en 2014.
Parmi les détenus se trouvent deux leaders provinciaux et un représentant du HDP à Ankara.
Le ministère de l'Intérieur a toutefois soutenu dans un communiqué que ces individus étaient affiliés au PKK ou avaient été reconnus coupables d'avoir diffusé de la propagande terroriste sur les réseaux sociaux.
Le communiqué ne précise toutefois pas si les personnes interpellées sont directement impliquées dans l'attaque meurtrière de samedi, qui a fait 44 morts et 149 blessés.
Quatre interpellations au Caire
Par ailleurs, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a annoncé lundi l'arrestation de quatre suspects dans l'attentat contre une église du Caire qui a fait 25 morts, lors des funérailles des victimes en présence de proches accablés par la douleur.
L'attaque perpétrée dimanche dans l'église Saint-Pierre et Saint-Paul contiguë à la cathédrale copte Saint-Marc, siège du pape Tawadros II, n'a toujours pas été revendiquée.
«L'auteur de l'attentat est Mahmoud Chafiq Mohamed Mostafa, il a 22 ans et il s'est fait exploser à l'aide d'une ceinture explosive, a dit M. Sissi. La police a passé la nuit à rassembler les parties du corps du kamikaze et à l'identifier.
«Trois hommes et une femme ont été arrêtés et deux autres personnes sont toujours recherchées», a-t-il ajouté.