Une femme se recueille à Madrid sur la tombe d’un homme décédé du coronavirus.
Une femme se recueille à Madrid sur la tombe d’un homme décédé du coronavirus.

La pandémie progresse malgré les efforts

LONDRES — Face à la progression inexorable du nouveau coronavirus, les autorités du monde entier ont renforcé lundi les mesures de confinement, qui concernent désormais plus de 1,8 milliard de personnes sur tous les continents, y compris les Britanniques.

Après l’Afrique du Sud ou le Sénégal, le premier ministre britannique Boris Johnson a finalement décrété lundi soir un confinement national pour au moins trois semaines.

Malgré ces mesures radicales, le monde a franchi le cap des 360 000 cas et déplore plus de 16 000 morts, dont 10 000 en Europe, selon un décompte de l’AFP.

Le décompte macabre s’alourdit également outre-Atlantique, avec une centaine de nouveaux décès répertoriés en 24 heures aux États-Unis, et l’inquiétude monte notamment à New York.

«Ca va si vite», a estimé le maire de la métropole américaine Bill de Blasio, qui réclame l’envoi en urgence de «centaines de respirateurs» et de «millions de masques» pour sauver les vies des plus fragiles.

Avec 500 cas recensés et 98 morts, la capitale financière et culturelle des États-Unis est encore loin des plus de 6000 victimes italiennes, mais elle «s’en rapproche», selon les autorités sanitaires américaines.

Mise à genoux par le fléau, l’Italie s’est raccrochée à une petite «lueur au bout du tunnel» en enregistrant lundi, pour le deuxième jour consécutif, un tassement du nombre de morts et de nouveaux cas.

«Nous vivons des journées cruciales. Attention à ne pas baisser la garde», a averti le ministre italien de la Santé Roberto Speranza, tandis que le gouvernement, prudent, renforçait les mesures de confinement.

Partout dans le monde, des mesures plus strictes étaient également annoncées avec, parfois l’appel aux militaires et des couvre-feux.

«Personne ne sourit»

Pour la première fois, les élèves russes sont aussi restés chez eux. Directeur d’une école dans le nord-ouest de Moscou, Vassili Boguine a confié à l’AFP son sentiment «irréel» en arpentant les couloirs vides de l’établissement. «Personne ne crie, personne ne sourit», déplorait-il, toutefois convaincu de la nécessité de la mesure.

Quant à ceux qui ne se plient pas aux règles édictées, ils risquent de fortes amendes ou même des peines de prison. Une trentaine de Tunisiens placés en garde à vue pour violation du couvre-feu en ont fait l’expérience lundi.

Si la Chine, où l’épidémie a débuté, semble avoir réussi à l’endiguer, les résultats des mesures de confinement tardent à se faire sentir ailleurs.

L’Espagne, obligée de convertir une patinoire de Madrid en morgue, a connu une journée particulièrement noire : elle a franchi la barre des 2000 morts, avec plus de 500 nouveaux décès en 24 heures.

«Faire taire les canons»

«C’est déchirant. La pandémie s’accélère», a commenté le directeur de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus. Pour lui, il est toutefois possible de «changer sa trajectoire», avec davantage de tests de dépistage et de mises en quarantaine des personnes exposées.

De son côté, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a solennellement appelé à «un cessez-le-feu mondial et immédiat».

«L’heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous pour concentrer nos efforts sur le véritable combat de nos vies», a-t-il lancé depuis le siège de l’ONU à New York, alors que l’OMS prévoit de commencer le dépistage dans le nord-ouest de la Syrie en guerre.

«Posez les armes, faites taire les canons, mettez fin aux frappes aériennes», a-t-il ajouté, appelant à la création de «couloirs d’aide humanitaire qui sauveront des vies».