Des membres du Centre asiatique des citoyens pour l'environnement et la santé manifestent masqués à Séoul, en Corée du Sud, à l'occasion de la Journée de la Terre.
Des membres du Centre asiatique des citoyens pour l'environnement et la santé manifestent masqués à Séoul, en Corée du Sud, à l'occasion de la Journée de la Terre.

La pandémie ne doit pas éclipser le réchauffement climatique, alerte l’ONU

GENÈVE — Le monde doit combattre le réchauffement climatique avec la même «détermination» que la pandémie de COVID-19, a demandé mercredi l’ONU, avertissant que la crise climatique n’a pas disparu et menace toujours des millions de gens.

«Nous devons circonscrire le changement climatique tout autant que la pandémie», a déclaré Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), à l’occasion de la cinquantième Journée de la Terre.

«Certes, la COVID-19 a provoqué une grave crise sanitaire et économique au plan mondial, mais si nous ne luttons pas contre le changement climatique, le bien-être humain, les écosystèmes et les économies pourraient être menacés pendant des siècles», a averti le chef de cette agence onusienne, cité dans un communiqué.

La pandémie de nouveau coronavirus a fait plus de 177 000 morts dans le monde depuis son apparition fin décembre en Chine et mis à l’arrêt des pans entiers de l’économie.

Cette situation devrait entraîner cette année une «réduction de 6 % des émissions de gaz à effet de serre», principaux responsables du réchauffement climatique, a indiqué M. Taalas en conférence de presse.

Mais cette réduction devrait être «temporaire», selon l’OMM pour qui cet état de fait ne doit pas remplacer une «action durable en faveur du climat».

L’ONU est d’autant plus inquiète que «les crises économiques précédentes ont souvent été suivies d’une reprise accompagnée d’une croissance des émissions de carbone bien plus forte». Elle réclame la mise en place de plans de relance post-pandémie favorisant une «croissance plus verte».

«Nous devons faire preuve de la même détermination et de la même unité dans notre lutte contre le changement climatique que dans celle que nous menons contre la COVID-19», a considéré le chef de l’OMM.

«Nous devons agir ensemble dans l’intérêt de la santé et de la qualité de vie de l’humanité, non seulement dans les semaines et les mois qui viennent, mais aussi pour les nombreuses générations à venir», a-t-il insisté.


« Certes, la COVID-19 a provoqué une grave crise sanitaire et économique au plan mondial, mais si nous ne luttons pas contre le changement climatique, le bien-être humain, les écosystèmes et les économies pourraient être menacés pendant des siècles »
Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale

«Menace immédiate»

La militante suédoise Greta Thunberg, instigatrice des «grèves de l’école pour le climat», a lancé un appel similaire lors d’une conférence à Stockholm, soulignant la nécessité de gérer les «deux crises à la fois».

Le changement climatique «est une menace immédiate» et «même s’il n’est pas aussi immédiat que le coronavirus, il aura toujours un impact sur nous-mêmes et en particulier sur d’autres personnes dans d’autres parties du monde», a-t-elle dit lors d’un débat organisé par le Musée Nobel.

«Nous devons nous y attaquer dès maintenant, sinon il nous surprendra», a-t-elle insisté.

La militante suédoise Greta Thunberg, instigatrice des «grèves de l’école pour le climat», a souligné lors d’une conférence en ligne à Stockholm la nécessité de gérer les «deux crises à la fois».

Records de chaleur, acidification des océans, élévation du niveau de la mer, fonte des glaciers... tous ces indicateurs font état d’une accélération du changement climatique ces cinq dernières années, d’après le rapport de l’ONU sur le climat mondial en 2015-2019.

Alors que cette période a été la plus chaude jamais constatée, les experts s’attendent à ce que la température moyenne mondiale batte un nouveau record au cours de la prochaine période quinquennale (2020-2024).

Selon les analyses de l’Organisation mondiale de la santé, le risque global de maladie ou de décès lié à la chaleur s’est accru régulièrement depuis 1980. Et environ 30 % de la population mondiale vit désormais dans des régions climatiques sujettes à des canicules meurtrières au moins 20 jours par an.

Les fortes pluies et les inondations, qui découlent de la variabilité du climat, créent des conditions favorables à l’apparition de diverses épidémies, notamment de choléra. Dans les pays où cette maladie est endémique, il est estimé qu’1,3 milliard de personnes sont ainsi menacées, selon l’ONU.

«Les conditions météorologiques extrêmes vont croissant, et le coronavirus ne les fera pas disparaître. Au contraire, la pandémie complique l’évacuation des populations lors des cyclones tropicaux, comme nous l’avons vu avec un cyclone tropical de catégorie 5, Harold, dans le Pacifique Sud», a relevé M. Taalas.