Depuis le 30 mars, les Moscovites ne peuvent sortir de chez eux que pour promener leur chien, sortir les poubelles ou se rendre au magasin le plus proche. Les autorités ont introduit mi-avril un système de laissez-passer électronique pour limiter les infractions.
Depuis le 30 mars, les Moscovites ne peuvent sortir de chez eux que pour promener leur chien, sortir les poubelles ou se rendre au magasin le plus proche. Les autorités ont introduit mi-avril un système de laissez-passer électronique pour limiter les infractions.

La pandémie continue de s'aggraver en Russie

Thibaut Marchand
Agence France-Presse
MOSCOU — La Russie a enregistré dimanche un nouveau record quotidien de contaminations au coronavirus, portant à plus de 130 000 le nombre de malades et faisant du pays celui où la pandémie désormais progresse le plus vite en Europe.

À l’heure du déconfinement progressif dans plusieurs pays européens, les autorités municipales de Moscou — de loin le principal foyer de la pandémie avec plus de la moitié des malades du pays — ont appelé les habitants à ne pas sortir de chez eux, malgré le soleil radieux sur la capitale russe.

Selon les chiffres officiels, 10 633 nouveaux cas de coronavirus ont été enregistrés durant les dernières 24 heures, portant le nombre total de malades à 134 687 en Russie, désormais le pays d’Europe connaissant le plus de nouvelles infections.

Le taux de mortalité demeure toutefois faible par rapport à des pays comme l’Italie, l’Espagne ou les États-Unis : 58 nouveaux malades sont décédés depuis samedi, portant le nombre total de morts à 1280.

Le pays se prépare tout de même à commencer, à partir du 12 mai, la levée progressive des mesures de confinement, annoncée dans la semaine écoulée par le président Vladimir Poutine qui a reconnu que la situation restait «difficile».

Moscou, première ville du pays à avoir été soumise au confinement fin mars, pourrait ne pas être concernée. Les autorités russes ont commencé à aménager des hôpitaux de campagne capables d’accueillir les malades de la COVID-19 autour de la capitale, dont un dans le parc de VDNKh, lieu de promenade apprécié des touristes et des Moscovites dans le nord de la ville.

«La menace continue de croître»

Alors que le printemps s’installe en Russie, beaucoup estiment compliqué de continuer à respecter le confinement. Dans un grand parc du Sud-Ouest de la capitale, une patrouille de police est intervenue dimanche pour demander aux parents de respecter les règles et de rentrer chez eux.

Depuis le 30 mars, les Moscovites ne peuvent sortir de chez eux que pour promener leur chien, sortir les poubelles ou se rendre au magasin le plus proche. Les autorités ont introduit mi-avril un système de laissez-passer électronique pour limiter les infractions.

Pourtant, «il est évident que la menace continue de croître», a écrit le maire de Moscou Sergueï Sobianine sur son blog.

Le coronavirus a même touché le sommet de l’État : le premier ministre Mikhail Michoustine a annoncé jeudi avoir été contaminé par le virus. Vendredi, c’est le ministre russe de la Construction, Vladimir Iakouchev, qui a annoncé avoir été déclaré positif à COVID-19.

Le porte-parole de M. Michoustine, Boris Beliakov, a indiqué dimanche que le premier ministre, remplacé temporairement à la tête du gouvernement, «se sent bien» et garde le contact avec ses collègues.

Samedi, M. Sobianine avait dit estimer qu’environ 2 % des habitants de Moscou — soit plus de 250 000 personnes — étaient atteints par la maladie COVID-19.

Après avoir fermé en février ses frontières terrestres avec la Chine, la Russie avait pendant plusieurs semaines relevé très peu de contaminations alors que la pandémie frappait de plein fouet l’Europe occidentale.

Mais les cas n’ont ensuite cessé d’augmenter à partir de la fin mars et Vladimir Poutine a annoncé un mois d’avril entièrement chômé, mais payé, pour inciter la population à rester chez elle. Il a ensuite prolongé cette mesure jusqu’au 11 mai.

Face à la pandémie, le Kremlin a dû reporter l’important défilé militaire annuel du 9 mai célébrant la victoire sur l’Allemagne nazie. Il a aussi dû mettre à une date ultérieure le vote national, prévu le 22 avril, d’une réforme constitutionnelle devant donner la possibilité à Vladimir Poutine d’exercer deux nouveaux mandats.