Un des 33 lions africains nés en captivité au Pérou, mercredi, et sur le point d'être rappatriés à Johannesburg, en Afrique du Sud.

La mort de deux lions, tués pour sauver un homme dans leur cage, fait polémique

La mort au Chili de deux lions, tués pour sauver un homme qui s'était jeté dans leur cage en se prenant pour le Messie, fait débat dans le pays sud-américain, entre défenseurs des animaux critiquant son geste et psychiatres l'excusant par ses troubles.
Le 21 mai, Franco Ferrada, jeune Chilien de 20 ans, a franchi les barrières de sécurité dans un zoo de Santiago, avant de s'élancer dans la cage des fauves, d'enlever ses habits et de provoquer les animaux.
La réaction des responsables du zoo a été immédiate: deux lions, «Manolo» et «La Flaca» (la maigre), ont dû être abattus.
«Quand la vie d'une personne est en danger, il faut sacrifier les animaux», a expliqué la directrice du zoo Alejandra Montalva sur la chaîne TVN, précisant que, dans ces cas-là, l'usage de seringues hypodermiques est insuffisant pour arrêter l'attaque à temps.
Geste... biblique ?
Alors que les autorités croyaient au départ à une tentative de suicide, une lettre retrouvée dans la poche du jeune homme a donné une toute autre explication à son geste: dans ce courrier, qu'il signait «Jésus», Franco Ferrada expliquait s'inspirer d'un passage de la Bible dans lequel le prophète Daniel, cerné par des lions, sauve sa vie grâce à la foi.
L'annonce de la mort des fauves a déchaîné une pluie de messages furibonds sur les messages sociaux, où circule une vidéo amateur montrant l'homme, nu, s'agrippant de longues minutes au ventre d'un des lions.
«Juste parce qu'un idiot saute dans la cage aux lions, sous sa propre responsabilité, et est mutilé, les lions finissent tués ?» s'est indignée sur Instagram l'actrice Kaley Cuoco, de la série télévisée The Big Bang Theory.
Stigmate de la maladie mentale
Un sondage en ligne, sur la page internet de la chaîne CNN en espagnol, a montré que 79% des personnes interrogées désapprouvaient la décision du zoo de sacrifier les animaux.
La directrice du zoo s'est dite elle même «consternée», expliquant que les deux lions étaient dans l'établissement depuis «plus de 20 ans».
Pour le psychiatre Rafael Torres, la réaction de la population chilienne révèle le «mépris de la société pour la vie humaine et pour le stigmate de la maladie mentale».
Car selon lui, Franco Ferrada souffre d'un «cadre psychotique»: avec un père alcoolique et une mère décédée quand il avait onze ans, le jeune homme et ses huit frères et soeurs ont passé leur enfance d'un centre d'accueil à l'autre, certains d'entre eux étant adoptés.
Plus en danger
Franco se remet actuellement de ses graves blessures dans une clinique de Santiago, même s'il n'est plus en danger de mort. Son cas continue d'alimenter le débat au Chili.
Pour l'Italien Luca Valera, professeur de bioéthique à l'Université catholique, «le premier principe de la société est la vie» et «il n'y a pas de comparaison possible entre laisser mourir quelqu'un et lui offrir une nouvelle opportunité».
Il se pose la question: «La société doit-elle réagir avant qu'une personne bascule dans la folie ?».
Au Chili, où le taux de suicide n'a cessé de grimper ces dernières années, la proportion de personnes atteintes de maladies mentales est la plus importante d'Amérique latine et parmi les plus fortes au monde.
Selon une étude de l'Université du Chili, 22% des habitants présentent des symptômes significatifs de dépression.