La 44e Marche pour la vie a rassemblé des dizaines de milliers de militants pro-vie à Washington, vendredi.

La lutte contre l'avortement vit un tournant «historique», dit Mike Pence

Galvanisés par le président américain Donald Trump, des milliers de militants anti-avortement ont commencé à se rassembler vendredi à Washington, comptant réussir une démonstration de force dans un nouveau contexte politique qui leur est favorable.
La lutte contre le droit à l'avortement vit un tournant «historique» aux États-Unis, a affirmé vendredi à Washington Mike Pence, premier vice-président américain à assister à la «March for Life», grand rendez-vous annuel des militants pro-vie. 
«Le droit à la vie est en train de gagner», a déclaré M. Pence, en référence au nouveau rapport de force instauré par la victoire présidentielle de Donald Trump, le gouvernement et le Congrès étant désormais contrôlés par des opposants à l'avortement.
«Nous avons atteint un tournant historique dans la défense de la vie», a insisté le nouveau vice-président, applaudi par des milliers de manifestants rassemblés sur le National Mall, grand parc au sud de la Maison Blanche.
«Nous avons l'espoir que soient adoptées des lois pour protéger les enfants pas encore nés, des lois qui prennent en compte toutes les femmes qui vivent une crise de grossesse, ne savent pas vers qui se tourner et ignorent qu'il existe des alternatives (à l'IVG)», confiait à l'AFP Carol Bracken, une des participantes.
Venue de l'État du Connecticut, cette enseignante de 57 ans tenait une pancarte affichant: «L'avortement arrête un coeur et en brise un autre».
Comme elle, des manifestants venus de tous les États-Unis se préparaient à marcher entre la Maison Blanche et la Cour suprême, deux institutions dont ils attendent désormais beaucoup.
Ils devaient auparavant entendre le vice-président Mike Pence s'exprimer à la tribune, un discours qui selon eux marquera la «March for Life», un rendez-vous annuel présenté comme le plus grand événement mondial contre l'avortement.
«Je pense c'est historique. Et cela envoie le message très clair que ce gouvernement traduit en action ses promesse de campagne, c'est-à-dire être fermement du côté du mouvement pro-vie», assurait Chad Hatfield, président du séminaire orthodoxe Saint Vladimir de New York
Les établissements scolaires catholiques étaient représentés par des centaines d'élèves qui avaient parfois fait des dizaines d'heures d'autocar.
Le vice-président en vedette
Cette Marche pour la vie se déroule six jours après que la Marche des femmes a rassemblé dans la capitale fédérale un demi-million de femmes souhaitant défendre leurs libertés fondamentales.
La «Women's March» a surpris par son ampleur et la «March for Life» entendait faire de même.
Donald Trump a d'ailleurs estimé que les opposants à l'avortement pourraient surpasser en nombre les femmes qui ont éclipsé son investiture tenue la veille.
«Il y aura 300, 400, 500, 600 000 personnes», a affirmé jeudi le nouveau président américain. Et «vous ne pourrez rien lire là-dessus», a-t-il dénoncé dans la foulée, en accusant à l'avance les médias de ne pas couvrir l'événement en raison de la partialité qu'il leur prête.
La Marche pour la vie marque un anniversaire considéré comme funeste par ses participants: «Roe v. Wade», l'arrêt emblématique de la Cour suprême qui a légalisé l'avortement en 1973 dans tous les États-Unis.
Pour sa 44e édition, le rassemblement annuel se présente sous de nouveaux auspices favorables aux pro-vie, ainsi que se décrivent les opposants à l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
Ils ont obtenu lundi un gage de fidélité du nouveau président américain, qui a signé parmi ses tout premiers décrets une interdiction de financement des ONG internationales soutenant l'avortement.
Les pro-vie devraient bientôt obtenir un autre motif de satisfaction: Donald Trump nommera le 2 février au neuvième siège de la Cour suprême un magistrat qu'il a promis de choisir parmi les opposants à l'avortement.
Le vice-président Mike Pence et sa femme, Karen
Objectif: la Cour suprême
Parmi les autres intervenants à la tribune figurent des élus républicains, le cardinal Timothy Dolan de New York (nord-est) et Kellyanne Conway, influente conseillère du nouveau chef de l'exécutif et mère de famille issue d'un milieu catholique.
Le cortège, qui a commencé à se réunir près du National Monument au sud de la Maison Blanche, marchera jusqu'à la colline du Capitole. Les manifestants seront alors invités à faire pression sur leurs représentants au Congrès, à solide majorité républicaine.
Mais l'oeil des manifestants sera aussi tourné vers l'édifice en face, la Cour suprême américaine, appelée à trancher en dernier ressort les questions toujours passionnelles aux États-Unis touchant à l'avortement.
Les participants de la Marche pour la vie savent que si Donald Trump se retrouvait en position de nommer un deuxième juge conservateur au cours de son mandat, leur rêve de renverser «Roe v. Wade» pourrait devenir réalité.